Le 12 mars 2026 aura lieu le lancement du livre Val-d’Or au féminin, projet initié par la Société d’histoire et de généalogie de Val-d’Or et écrit par Émélie Rivard-Boudreau. Ouvrage de près de 300 pages, il répond à l’objectif de revalorisation de l’apport des femmes au développement économique, politique et social de la communauté.
« Les femmes ont été pionnières au même titre que les pionniers de Val-d’Or dont on entend parler plus souvent. Elles étaient là, elles ont construit, elles ont bâti, elles ont travaillé aussi fort que les hommes, mais on entend très, très, très peu parler de ces femmes-là », déclare d’entrée de jeu Brigitte Richard, bénévole à la Société d’histoire et de généalogie de Val-d’Or.
Le travail de recherche des noms de ces femmes qui, pour la plupart, avaient pris le nom de leur mari et qui représente une reprise de leur identité, a posé de sérieux défis à l’équipe de bénévoles. « On a fait un index de noms des femmes, qui est à la fin. On s’est dit que ça les mettrait encore plus en valeur. Quelqu’un de curieux peut aller voir si le nom de sa grand-mère [apparaît]. On s’est dit que ce serait un apport supplémentaire à la visibilité de ces femmes-là de créer un index. Donc, ça permet de nous référer aux pages où on en parle », raconte Mme Richard.
Ce travail de recherche, orchestré sur quatre ans avec l’aide d’une équipe de bénévoles, a permis de réaliser des entrevues et de recueillir des témoignages qui font partie du livre. « C’est sûr qu’on n’a pas pu tout mettre. Et on le dit dans les premières pages du livre. On a vraiment beaucoup de matériel », nuance-t-elle. « Ce sont des milliers d’articles de journaux, d’archives que j’ai lus, que j’ai consultés. C’est vraiment colossal. On n’a pas le chiffre exact, mais je me souviens d’avoir fait l’exercice [de compter] juste pour l’année 1975. Je pense qu’il y avait comme 300 articles », renchérit l’auteure du livre, Émélie Rivard-Boudreau.
Avec la collaboration d’Émélie Rivard-Boudreau, d’ailleurs, l’écriture de Val-d’Or au féminin donne l’occasion de créer de manière exponentielle un fonds d’archives sur l’histoire valdorienne. « On a fait un récit. Donc, on pense que cet intérêt-là va contribuer à ce que l’information se diffuse et que les gens en parlent. D’une manière ou d’une autre, c’est la mémoire de Val-d’Or qu’on est en train de construire », résume Mme Richard.
Malgré le travail de relecture et de validations des faits historiques, « on n’a pas juste envie que ce soit un livre historique avec des dates. Il y a un côté très humain dans ce livre-là aussi qu’on voulait donner. Moi, à la base, je ne suis pas historienne, je suis journaliste et auteure. Je pense que la Société d’histoire a accepté que j’avais moi aussi une certaine sensibilité », livre Mme Rivard-Boudreau.
Parmi les discussions de l’équipe, une des décisions qui a été prise est celle de donner une moins grande importance à l’histoire de la prostitution des femmes aux débuts de la ville. « On ne l’évacue pas, mais je pense qu’après avoir lu Val-d’Or au féminin, on peut constater que dans les premières années de Val-d’Or, il n’y avait pas juste des prostituées. Il y avait des femmes d’affaires, beaucoup même. Les femmes ont eu envie elles aussi de profiter de l’engouement de l’or économiquement. Et ça, on n’en a pas beaucoup parlé », raconte l’auteure.
Notamment, les thèmes qui l’ont touchée sont ceux de la violence conjugale, de la violence sexuelle et des filles-mères. Mais encore, des histoires plus précises sont devenues notables pour elle, comme celles de Jackie Kistabish, ou de Monique Sioui, qui ont été des femmes autochtones valdoriennes qui ont marqué l’histoire de tout le Québec. Un autre récit qu’elle aime raconter est celui « d’Adrienne Gauthier, qui était surnommée l’avocate populaire. Elle avait toujours travaillé dans les restaurants et comme femme de chambre. À un moment donné, elle s’est échappé un contenant d’huile chaude sur les jambes et elle ne pouvait plus travailler debout. Elle est retournée sur les bancs d’école et elle est devenue présidente du comité des citoyens de Val-d’Or. Elle est devenue un peu comme une avocate populaire, à défendre les droits des citoyens. »
Le lancement du livre se tiendra le 12 mars 2026, à 17 h, au 600, 7e Rue à Val-d’Or.