Depuis trois ans, le Carrefour Jeunesse-emploi du Témiscamingue (CJET), par l’entremise de son service interculturel et en collaboration avec le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), met en valeur des personnalités afrodescendantes qui se démarquent par leur engagement et leur contribution à la communauté témiscamienne.
En lien avec le thème de cette année, le CJET a tenu, le 26 février dernier, une soirée hommage afin de souligner l’excellence de 12 infirmiers et infirmières recrutés à l’international par le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT).
L’événement s’est déroulé dans une ambiance à la fois festive et empreinte d’émotion. Tandis que les enfants s’amusaient dans la salle, la fierté illuminait le regard des diplômés honorés. Un à un, les finissants se sont avancés sur scène pour recevoir leur diplôme et partager la signification de cette réussite. Pour la majorité, il représentait la persévérance, la résilience, la solidarité tissée entre les diplômés ainsi que la gratitude envers le CISSS-AT et le CJET.
Pour Aholea Narcisse Arnaud Kakou (Côte d’Ivoire), Adeline Kognouwe (Cameroun), Fallone Linda Django Siaha (Cameroun) et Chantal Toko (Cameroun), voir la gratitude dans le regard des patients, contribuer à améliorer concrètement leur qualité de vie et accompagner des personnes quittant l’hôpital en meilleure santé constitue une profonde source d’accomplissement et de fierté. Pour certains d’entre eux, le travail auprès des aînés est même devenu une véritable vocation. Adil Benelkadi (Maroc) souligne quant à lui que l’esprit d’entraide qui caractérise le Témiscamingue favorise des soins personnalisés, basés sur la confiance et la proximité.
De leur côté, Ahou Alfet Kra, épouse Irie (Côte d’Ivoire), Cécile Florence Nguina, épouse Nkake (Cameroun), Tanon Antoine Brou (Côte d’Ivoire), Olivia Diane Mbianda Sandjo (Cameroun), Djakaridja Traoré (Côte d’Ivoire), Juice Arole Tatchemo (Cameroun), Fallone Linda Django Siaha (Cameroun) et Kafia Alilat (Algérie) expriment une profonde fierté pour le parcours exigeant qu’ils ont parcouru. Les défis rencontrés ont renforcé leur confiance et leur ont permis de gagner l’estime de leurs patients et collègues. La réussite de l’examen de l’OIIQ représente pour eux une étape importante. Grâce au soutien de leurs proches, ils ont su concilier études, famille et travail, surmontant avec courage les obstacles liés à leur intégration sociale, culturelle et professionnelle.
La graduation visait à exprimer une reconnaissance sincère envers ces professionnels qui participent activement au développement et à la vitalité du Témiscamingue. « Nous souhaitions prendre un moment pour les remercier de leur engagement, de leur résilience et de la confiance qu’ils accordent à notre organisation ainsi qu’à leur avenir ici », souligne Vincent Béland, chef de service — Attraction de main-d’œuvre à la Direction des ressources humaines du CISSS-AT à Ville-Marie.
« Leur parcours témoigne d’un courage remarquable. Immigrer représente un processus exigeant. Ces infirmiers et infirmières ont quitté leur pays, leurs proches et parfois une carrière déjà établie. Bien qu’ils possédaient diplômes et expérience, ils ont dû reprendre des études, réussir l’examen de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) et compléter une formation d’appoint rigoureuse, tout en s’adaptant à un nouveau système de santé, à une culture différente et à un nouvel environnement professionnel », rappelle Céline Girard, intervenante interculturelle au CJET.
Elle ajoute qu’en misant sur le recrutement international, le CJET réaffirme l’importance de l’inclusion, de la reconnaissance des talents issus de l’immigration et de la collaboration régionale pour répondre aux besoins criants en main-d’œuvre.
L’arrivée de ces professionnels représente un apport majeur pour la région. « Ces infirmiers et infirmières contribuent à la vitalité de notre communauté, tant sur le plan professionnel qu’humain. Nous sommes fiers de souligner leur engagement », ajoute Hélène Nickner, directrice générale du CJET.
« Chaque professionnel qui choisit de se joindre à notre équipe fait une réelle différence. Le recrutement international du CISSS-AT résulte d’une mobilisation régionale impliquant notamment le MIFI, le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, les Carrefours Jeunesse-emploi et plusieurs partenaires locaux. Ensemble, ils ont répondu à la pénurie importante en soins infirmiers et assuré le succès de cette initiative », précise M. Béland.
Aujourd’hui établis au Témiscamingue, ces professionnels jouent un rôle clé au sein du réseau régional de la santé. Par leur expertise, leur persévérance et leur engagement quotidien, ils améliorent concrètement l’accès aux soins et le bien-être de la population. Leur présence enrichit le milieu de soins et favorise l’émergence d’un réseau plus inclusif, représentatif et humain.