Le prix de l’or est passé d’environ 1 200 $ US l’once en 2019 à plus de 5 000 $ US l’once en 2025, atteignant des sommets historiques. Cette hausse spectaculaire représente des centaines de millions de dollars supplémentaires pour les mines québécoises et donc une bonification significative des revenus fiscaux de l’État.
« Lorsque le prix de l’or atteint des sommets historiques, les revenus de l’État augmentent de façon mécanique. La hausse historique du prix de l’or dans les dernières années s’est donc traduite par des bénéfices tout autant historiques pour l’État québécois. La région de l’Abitibi-Témiscamingue juge tout simplement normal que les territoires qui contribuent à cette création de richesse, et qui en assument pleinement les impacts, bénéficient eux aussi de ces immenses retombées. Malheureusement, ce n’est actuellement pas le cas. Ainsi, nous exigeons à ce que 35 % des redevances minières perçues par l’État québécois, sur tout surplus généré au-delà du seuil de 2 000 $ l’once, soient retournés aux territoires d’où ces ressources sont extraites », affirme Pierre Dufour.
Dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue, le secteur aurifère est présent avec huit des onze mines d’or au Québec. La mine Complexe Lithium Amérique du Nord est la seule qui n’est pas une mine d’or en Abitibi-Témiscamingue. Aussi, la région ne se limite plus à l’extraction, elle est devenue un territoire de connaissances, de culture et de recherche, appuyé notamment par l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, reconnue pour l’intensité de sa recherche et ses partenariats industriels.
Selon les chiffres relatés dans le communiqué du 25 février dernier, le gouvernement du Québec a perçu en moyenne 638 M$ par année en redevances minières entre 2020 et 2023, avec un sommet de 926 M$ en 2021. En 2022 et 2023, les montants se sont établis respectivement à 562 M$ et 431 M$.
« Considérant les impacts que l’exploitation minière entraîne sur le territoire : transformation durable des paysages, gestion de résidus miniers, pressions sur les infrastructures municipales, besoins accrus en logements et en services publics, ainsi que la gestion des conséquences environnementales, il est difficilement concevable qu’une proportion de cette richesse exceptionnelle ne revienne pas davantage dans les collectivités qui accueillent ces activités et celles qui envisagent s’installer en territoire témiscabitibien. D’autant plus qu’un précédent existe dans plusieurs autres industries énergétiques, notamment éoliennes, où les territoires d’accueil bénéficient de retombées structurelles et récurrentes », affirme Pierre Dufour.
Un déséquilibre aux répercussions financières marquées
Pour Pierre Dufour, la hausse marquée du prix de l’or au cours des dernières années a accentué encore davantage l’apport du secteur minier à l’enrichissement de l’État québécois. Parallèlement, la région contribue grandement à la transition énergétique et à la souveraineté économique du Québec.
« Pourtant, malgré cette contribution significative, les investissements publics ne suivent pas. En effet, une étude indépendante commandée par les préfets de l’Abitibi-Témiscamingue et réalisée par Aviseo met en évidence un écart croissant entre la contribution de la région au PIB québécois et les investissements publics qui y sont consacrés », fait observer le député d’Abitibi-Est.
Le rapport d’avril 2025 estime le déficit fiscal annuel de la région envers Québec jusqu’à 822 M$, soit près de 6,7 G$ sur dix ans.
Ce déficit d’investissements entraîne son lot d’impacts tangibles, autant pour les populations allochtones que autochtones : infrastructures vieillissantes, pénurie de logements, contraintes énergétiques limitant de nouveaux projets industriels, pression accrue sur les services essentiels et difficultés d’attraction de la main-d’œuvre.