Ça s’agite comme une ruche dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue tout comme partout au Québec dans le cadre de la journée mondiale pour la justice sociale, ce vendredi 20 février près de l’hôpital de Rouyn-Noranda.
Vers 12 h 15 une vingtaine de manifestants se sont rassemblés avec pancarte en mains en scandant des slogans et en brandissant des banderoles pour exprimer leur mécontentement face aux inégalités sociales qui se creusent. À travers cette marche symbolique, les manifestants réclament un véritable changement de cap.
« On est là pour demander que le filet social cesse d’être sous-financé, on réclame des sous pour du logement social qui est très collé avec la justice sociale autrement dit c’est une composante. Les systèmes de santé sont définancés […], l’éducation aussi, les écoles tombent par terre, pendant ce temps-là le gouvernement va financer de grosses compagnies étrangères pour venir s’installer et détruire nos ressources, on est tanné », a expliqué Marc-André Larose, organisateur communautaire à l’association des locataires de l’Abitibi-Témiscamingue (ALOCAT).
Tout au cours de ce rassemblement, les manifestants n’arrêtent pas d’exprimer leur désarroi face aux politiques d’austérité et réitérer l’urgence de réinvestir massivement dans les services publics, les programmes sociaux et l’action communautaire. « On veut que les sous soient mis à la bonne place, que le gouvernement arrête de couper […] parce que le filet social s’effondre », a ajouté Marc-André Larose.
Dans leur revendication commune, ils demandent au gouvernement d’arrêter de privatiser le projet de société parce que selon eux ce n’est pas avec la charité qu’on va régler la pauvreté. Ils rappellent aussi au gouvernement que la vie de la population vaut plus que les profits.
« Le gouvernement prépare un budget qui risque d’accentuer les compressions et de fragiliser notre filet social. Pourtant d’autres choix existent : taxer davantage les grandes fortunes, investir dans les services publics et freiner la privatisation. Aujourd’hui, nous ne pouvons plus accepter ces reculs », a affirmé Mylène Baril-Mantha, coordonnatrice du Regroupement d’éducation populaire de l’Abitibi-Témiscamingue (REPAT).
Selon Hannah Provencher, organisatrice communautaire de la REPAT, elle estime qu’il est temps que le gouvernement investit dans les services publics qui rapportent à la population qu’au plus riche de l’état.

« On veut une vraie justice sociale au Québec », déclare Hannah Provencher, organisatrice communautaire au (REPAT) | (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
« Ce sont les plus riches qui sont financés par le gouvernement, on veut que l’argent soit investi dans les besoins réels de la population. Pour le moment, on se contente de faire passer notre message pour que toutes les parties nous entendent. Car, c’est la population qui souffre. Pendant ce temps-là, on voit tellement d’argent public qui s’en va ailleurs pendant que l’essentiel est négligé. On veut que l’argent soit investi dans les besoins réels de la population » estime Mme Provencher.
Des solutions envisageables
Les manifestants proposent plusieurs pistes de solutions fiscales concrètes pour permettre d’augmenter considérablement les revenus de l’État afin de répondre aux besoins réels de la population.

Les manifestants ont réitéré l’urgence de réinvestir massivement dans les services publics, les programmes sociaux et l’action communautaire autonome. | (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
Parmi ces propositions, on peut citer l’instauration d’un impôt sur le patrimoine du 1 % des plus riches, la réinstauration de la taxe sur le capital pour les institutions financières, et l’augmentation du nombre des paliers d’imposition, car en ce moment il y a quatre paliers d’impôts pour les particuliers, ce qui fait peser une bonne partie de la charge sur la classe moyenne.

Les groupes sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue pressent Québec de s’attaquer aux inégalités. | (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
Avec l’avènement des élections, Hannah Provencher requiert une volonté politique de la part des élus tout en attirant l’attention de la population sur les prochains candidats qu’ils vont élire. « Parler à ce que vous allez élire, faire part de votre colère et de votre indignation, car on est assez »