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Un quartier de Val-d’Or tombé dans l’oubli

13 février 2026

par : Daisy-Anne Gagné

photo : Erwann Boulanger, Alex Martel et le réalisateur Alexander Walosik lors du lancement Crédit Photo : Daisy-Anne Gagné

Le 10 février dernier, le lancement du documentaire Cabbagetown prenait place à la Salle Félix-Leclerc, à Val-d’Or. Étant un événement privé, les spectateurs ont assisté au dévoilement des trois épisodes du projet, réalisés par Alexander Walosik, président du Festival de Contes et Légendes en Abitibi-Témiscamingue. Dès le 20 février, les épisodes seront diffusés sur les écrans de TVC9.

Seulement quelques chanceux ont été invités au dévoilement des trois épisodes du documentaire Cabbagetown. Portant sur un quartier oublié de Val-d’Or, où on compte seulement dix maisons situées près de Bourlamaque, d’anciens résidents y racontent leurs souvenirs.

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Le réalisateur du documentaire, Alexander Walosik, relate sa première rencontre avec l’histoire de cette partie de Val-d’Or. « J’ai grandi avec les récits de Cabbagetown de mon grand-père qui en parlait dans le temps. Je ne connaissais pas vraiment ça et étant jeune, je ne posais pas toujours de questions. J’ai donc fait le parallèle que c’était Bourlamaque. En étant adulte, quelqu’un m’a dit que Cabbagetown était en fait des squatteurs polonais qui habitaient dans le bois. » Il continue : « Ce n’était pas la version des faits que j’avais eue. Par après, mon grand-père m’a dit qu’ils avaient le droit d’être là et que c’était la Ville qui leur louait ces chalets-là. » C’est à ce moment-là que le réalisateur savait qu’il avait une histoire à raconter.

Avec l’aide d’une équipe aussi motivée que lui, M. Walosik a entamé les recherches sur le quartier disparu. Dans son documentaire, on voit le processus de recherche de son équipe, composée de Erwann Boulanger, Alex Martel, Sabrina Forget-Matte et Paul-Antoine Martel. Ils ont réussi à retrouver quelques anciens habitants du quartier, tous issus de parents immigrés de l’Europe de l’Est, comme la Pologne ou encore l’Ukraine, pour venir travailler à la mine. D’ailleurs, durant la présentation, le public a eu droit à une description de l’endroit : les dix maisons avaient un revêtement en papier goudronné vert, ressemblant à du chou. Il n’y avait ni d’eau chaude ni de toilette dans les domiciles, mais ses habitants étaient heureux. « Ceux qui ont grandi avec les autres enfants et les autres familles du quartier se rappellent de ça comme si c’était the time of their life, surtout mon grand-père », souligne M. Walosik.

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Henry Walosik, grand-père d’Alexander Walosik Crédit Photo : Daisy-Anne Gagné

Disparu, mais pas complètement
Selon le réalisateur, les récits de Cabbagetown vivent encore au travers de plusieurs personnes, et ce, dans plusieurs provinces du Canada et même aux États-Unis. Pour certains, l’histoire du quartier oublié a été transmise par les parents ou les grands-parents. « Quand on suit des groupes Facebook comme I grew up in Val-d’Or et d’autres, tous ces gens en parlent. Je parle bien de personnes qui habitent maintenant à Toronto, à Vancouver, aux États-Unis, partout. » Cela a encouragé M. Walosik durant ses recherches, même s’il n’a pas pu tous les rejoindre.

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Un message pour le public
Touchant à plusieurs enjeux de société, le réalisateur du documentaire aimerait qu’on se rappelle que « la Ville est très immigrante et va toujours l’être. Selon moi, nous ne devrions pas oublier l’histoire, car elle se répète souvent et jamais de la bonne façon. Alors, on doit s’assurer que ces personnes ont une voix aussi […] Pourquoi taper sur la tête des gens qui essaient juste de créer une meilleure vie ? » se questionne-t-il. D’autant plus, son documentaire rend hommage aux familles qui se sont déplacées d’un continent à un autre, et qui ont grandement contribué à bâtir Val-d’Or.

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Premier plan du documentaire Crédit Photo : Daisy-Anne Gagné

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De la résilience à titre d’héritage
M. Walosik étant lui-même de descendance polonaise, il perçoit son grand-père et ses ancêtres comme des personnes très résilientes et également, comme source d’inspiration. « C’était beau de voir tout le travail de mon grand-père. Ça fait des années qu’il écrit des livres sur Cabbagetown et qu’il essaie de les faire publier. J’en fais même la joke dans le documentaire en disant que je vais le faire moi ! Puis maintenant qu’on en est rendu là [au dévoilement du documentaire], il m’a dit you did it. »

Les trois épisodes du documentaire de M. Walosik sont le fruit de tout le temps et les recherches qu’il a faites pour réaliser son projet. Grâce au dévoilement privé, quelques citoyens ont pu découvrir un quartier oublié, des témoignages de ses anciens habitants ainsi que quelques archives sorties de divers ouvrages.

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