Du 16 au 20 février 2026, les Journées de la persévérance scolaire (JPS) reviennent pour célébrer l’engagement, les efforts et la détermination des jeunes du Québec. Sous le thème La persévérance, ça mène loin, cette 22e édition rappelle que derrière chaque réussite se trouvent une histoire de constance, d’encouragement et une communauté qui croit en ses jeunes.
Bien que ce mouvement se vive à la grandeur de la province, il revêt un aspect d’importance pour l’Abitibi-Témiscamingue. En effet, selon les études, les défis au niveau du décrochage scolaire sont plus remarquables en région que presque partout ailleurs au Québec. « Quand on se compare avec les autres régions du Québec, on est à la queue du peloton. Pour nous, avec le Nord-du-Québec et la Côte-Nord, on est les trois derniers. On a vraiment de grands défis à relever. Souvent, on pense que le décrochage est une histoire de motivation, d’une jeune et d’une école, mais c’est beaucoup plus complexe que ça », explique Marie-Claude Lacombe, directrice générale d’Action Réussite Abitibi-Témiscamingue.
Pourquoi les taux de décrochage sont parmi les plus élevés en Abitibi-Témiscamingue ? « Une des causes qui fait que le taux de décrochage est élevé, c’est l’accès facile au marché du travail avec des salaires élevés. Quand on se compare avec les autres régions du Québec et qu’on regarde la moyenne des salaires, on est en tête du peloton. C’est une des explications du décrochage scolaire. Agir sur le décrochage scolaire, ce n’est pas juste agir sur un jeune et sur une école, c’est agir aussi au niveau de la composition du marché de l’emploi. C’est agir aussi sur le niveau de littératie de la population [c’est-à-dire] le niveau de la capacité à comprendre ce qu’on lit. Comme on a beaucoup de décrochage scolaire, on a beaucoup de population qui n’a pas de diplôme. C’est presque 20 % de la population qui n’a pas de diplôme en Abitibi-Témiscamingue. »
Une étude nommée L’étude des coûts économiques et des impacts du décrochage scolaire sur le développement économique en Abitibi-Témiscamingue par Frédéric Laurin permet de faire les liens être la scolarité (ou le décrochage scolaire) et son influence sur le marché du travail. « Il y a un effet cumulatif, le décrochage scolaire. Ça devient comme intergénérationnel. C’est culturel aussi en région. C’est quelque chose qu’on entend dans les discours et que je crois qu’on aurait tout intérêt à changer pour les jeunes d’aujourd’hui, mais aussi pour les adultes et la région de demain », précise Mme Lacombe.
Un message collectif à passer
« L’école, c’est important. Et les actions qu’on peut prendre quand on est un employeur, c’est de croire que le diplôme va apporter au jeune, mais va aussi apporter à l’entreprise. »
Le niveau de scolarité et la quantité de diplômes obtenus ont un effet cumulatif sur la société, selon les dires de Mme Lacombe. « Quand on va à l’école, plus on est scolarisé, et plus on obtient de diplômes, on développe notre connaissance technique, mais on développe aussi notre connaissance générale, notre culture générale. Et cette culture générale là nous amène à être capables de faire de l’innovation. L’innovation, c’est d’additionner des idées pour réussir à faire quelque chose de nouveau et c’est cette innovation-là qui permet le développement du milieu du travail ou la dynamique de développement économique régional. Il y a vraiment un lien entre le diplôme, les connaissances générales, la capacité d’innover et la capacité pour une entreprise de faire face aux défis de l’avenir. »
Quelques faits
« Il y a un écart de salaires, si on regarde le revenu d’emploi moyen selon le diplôme. Une personne qui quitte l’école sans diplôme gagne en moyenne 33 600 $ par année. Quelqu’un qui a un diplôme d’études secondaires (DES), c’est 41 720 $ par année. Quelqu’un qui a un diplôme d’études collégiales, c’est 51 850 $ par année. Et lorsque tu vas te chercher un baccalauréat et plus, c’est presque 75 000 $ par année. Ce qu’on se rend compte aussi, c’est que plus on avance en âge, plus les écarts sont grands. Donc la personne qui n’a pas de DES, son revenu n’augmentera pas de façon exponentielle, mais si tu as un bac ou des études supérieures, ton revenu va continuer d’augmenter pendant très longtemps. […] Et on calcule que sur la vie d’un travailleur, entre quelqu’un qui n’a pas de DES et quelqu’un qui en a un, […] il y a [environ] 1,1 M$ d’écart. Donc, c’est 1 M$ de moins dans tes poches sur 35 à 40 ans de travail », illustre-t-elle.
Poursuivre ses rêves
« Il ne faut pas lâcher. Et il faut il y aller un petit pas à la fois. […] Derrière les premières femmes dans nos universités, il y a 63 ans de persévérance. Ça ne se fait pas du jour au lendemain. Ça se peut qu’il y en ait des échecs, tout le monde en vit. On entend souvent les mots des “parcours atypiques”. Moi, je ne dirais pas que ce sont des parcours atypiques quand on a des échecs ou qu’on lâche l’école, moi j’appellerais ça un “parcours personnel”. Et l’important, c’est d’y aller à son rythme et d’arriver à notre rêve », conclut Mme Lacombe.
Des webinaires ont lieu les 10 et 17 février.