Le 7 mars prochain aura lieu le lancement du premier roman d’Huguette Lemay, Elle sans frontière — Isma vers son destin, une histoire sur l’identité et l’ouverture à l’autre, et sur la relation entre un grand-père et sa petite-fille.
Celle qui a eu une carrière d’experte comptable et en gestion rêvait depuis toute petite d’écrire et de laisser librement s’exprimer sa sensibilité artistique. À sa retraite est venu pour elle le temps d’écrire un premier livre, formateur, sur sa pratique professionnelle, lui ouvrant les portes sur du mentorat individualisé. En revanche, la soif artistique d’Huguette Lemay n’était toujours pas assouvie. « Lorsque je pouvais, j’utilisais la création, mais c’était un domaine plus formel et rationnel », confie l’auteure.
Inspirée par les enjeux humains et sociaux, mais plus particulièrement par l’identité, Huguette Lemay prévoyait d’écrire son prochain livre sur les femmes qui s’impliquent dans des postes à responsabilités, nommant entre autres Pauline Marois et Catherine Fournier. Toutefois, elle voulait toucher plus de femmes qu’avec son projet d’éditorial. Et une discussion avec une certaine dame a laissé germer l’idée de se lancer dans l’écriture d’un roman. « Là, je retrouvais mon fil de création d’adolescente. C’était clair que je m’enlignais vers l’écriture d’un roman. »
Demeurant très proche de ses inspirations, elle crée l’histoire d’Isma. « Mon héroïne, c’est une jeune femme de 25 ans. C’est à travers son destin et son parcours de vie, et de ceux qui l’entourent qu’on retrouve beaucoup des valeurs humaines. Qu’on reconnait aussi le volet identitaire. Il y a plusieurs cultures, plusieurs territoires (l’Italie, la Turquie, la France, le Québec, le Canada). […] Elle est une personne qui a une très grande ouverture d’esprit, donc ça ouvre plusieurs horizons, mais, en même temps, elle est très réaliste. Petite, elle inquiétait ses parents. Elle était rêveuse, distraite, toujours portée vers le plus faible. Et ses parents, eux, ont toujours été dans le milieu des affaires. Donc, ils s’en inquiétaient. Son grand-père a fait une différence dans sa vie. »
Autant Isma que son grand-père sont des personnages portés par les valeurs mêmes de l’auteure. « Il y a un petit peu de moi dans les deux générations. » Mais comment s’assurer que les deux personnages deviennent des entités à part entière sans être la même personne ? « J’ai rencontré une multitude de personnes. J’ai voyagé. Mon imagination a été doublée, triplée par des rencontres que j’ai faites, donc dans chacun des personnages, je suis capable de mettre plusieurs visages que j’amalgame. C’est là que je pense que l’expérience aide. L’ouverture sur le monde, le regard qu’on porte sur ce qu’on voit autour de nous. C’est ça qui alimente la création de personnages dans mon cas. »
Bien que l’écriture soit pour Huguette Lemay une passion sentie, elle traverse des défis lorsque vient le temps de coucher sur papier des personnages « moins gentils ». Animée par la bonté et l’humanité, elle a eu besoin des conseils de son comité de lecture pour « ajouter du piquant » à ces personnages. « Ils sont assez méchants dans ce qu’ils font. Et c’est ça qui a été le plus difficile, de me mettre dans ça parce que ça demande des efforts et je tombais dans le rationnel. »
Le souhait d’Huguette Lemay ? « J’espère aller chercher chez le lecteur la fibre humaine. Parce qu’on en a tellement besoin. […] La fibre humaine, c’est l’ouverture d’esprit, surtout. Parce que, oui, il y a des frontières qui ont été établies par l’homme. On a tous des cultures différentes, des cultures d’appartenance. Au-delà de ça, il y a l’humain. Et j’espère avoir réussi. Il y a des personnages de différentes origines, de différentes religions, mais je l’ai emmené sous l’angle de l’être humain. »
Pour entendre l’auteure parler de son processus d’écriture et lire quelques courts extraits du livre, rendez-vous au lancement le 7 mars 2026, au café-bar L’Abstracto à compter de 16 h.