L’annonce concernant la fin des investissements par Glencore dans la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda suscite de nombreuses réactions. La CSN estime que cette annonce montre que rien n’a été conclu et que le dossier traîne. Les Métallos de leur côté fustigent le gouvernement pour son inaction.
Glencore a annoncé ce mardi l’arrêt de son programme de modernisation visant à se conformer à l’exigence de 15 ng/m3 d’arsenic en 2027, en l’absence d’une entente à plus long terme avec le gouvernement sur la pérennité des activités. Ainsi, les activités se poursuivront dans l’état actuel des choses, mais les nouveaux investissements cessent.
« Le suspense a assez duré. L’annonce de Glencore aujourd’hui nous fait mal avec son plan de démobilisation. Il y a déjà une grande difficulté de recrutement à l’usine. Tout le monde sait qu’il faut de la clarté à long terme pour investir des centaines de millions, pourquoi le gouvernement n’est pas capable de la donner », a mentionné le président du Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda–CSN, Shawn Smith.
Les usines de Rouyn-Noranda et de Montréal-Est risquent donc de fonctionner encore jusqu’à l’été 2027, date à laquelle la Fonderie Horne ne serait plus conforme aux nouvelles normes si les investissements n’ont pas été faits.
« En pleine guerre commerciale, alors qu’on se bat pour garder nos jobs, le gouvernement du Québec vient de signer l’arrêt de mort de la filière du cuivre au Québec par son inaction. C’est 1000 emplois directs et environ 3000 emplois indirects qui seront détruits dans la prochaine année en Abitibi et à Montréal-Est, en raison de l’incapacité à trouver une solution pour assurer la pérennité de la filière du cuivre. Ce gouvernement manque de courage politique et ce sont encore une fois les travailleurs qui vont en payer le prix », a déclaré le directeur québécois des Métallos, Nicolas Lapierre.
Le Syndicat des Métallos presse le gouvernement et la multinationale Glencore de reconsidérer leurs positions et de rouvrir des pourparlers de toute urgence afin de protéger les emplois et d’assurer l’avenir de la filière du cuivre au Québec.
À l’heure où la CAQ s’engage dans une course à la chefferie, le changement au ministère de l’Environnement avec le départ de Bernard Drainville et le retour de Benoît Charrette n’aide sans doute pas à régler ce dossier rapidement. « On sait qu’un comité interministériel est en place pour le dossier de la Horne, comité dont fait notamment partie le ministre Jean Boulet. On souhaite que notre région et notre premier ministre puissent bénéficier de tout l’appui interne nécessaire pour aboutir enfin et rassurer la population locale quant aux emplois et à la modernisation de l’usine », a précisé le président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec–CSN, Félix-Antoine Lafleur.