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Abitibi-Témiscamingue : des voix s’élèvent contre les récents changements sur l’immigration

30 janvier 2026

par : Ricardo Jr Emmanuel

photo : De gauche à droite M. Vincent Rousson, recteur de l’UQAT, M. Dany Mercier, directeur général du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, M. Nicolas L. Maheux, directeur du Groupe Autobus Maheux, M. Gilles Chapadeau, maire de la Ville de Rouyn-Noranda, Mme Mariève Mignault, directrice générale du CLDRN, M. Éric Beaupré, président de la CCIRN | Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel

Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 30 janvier à l’Hôtel de Ville de Rouyn-Noranda, plusieurs acteurs du milieu unissent leur voix à la Coalition régionale en immigration et à celles de nombreux leaders à l’échelle provinciale afin d’intensifier la pression sur les gouvernements du Québec et du Canada dans le dossier de l’immigration.

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Dans la région, plusieurs familles sont plongées dans l’incertitude à la suite des récents changements aux règles en matière d’immigration. Le maire de Rouyn‑Noranda, qui assume également la fonction de la présidence de la conférence des préfets, affirme qu’il n’est pas question pour lui d’abandonner les familles ayant choisi de s’établir dans la ville comme ailleurs sur le territoire.

« Nous, la Ville de Rouyn-Noranda, on refuse d’abandonner les citoyens déjà intégrés dans notre communauté, qui nous ont fait confiance et qui ont fait confiance également au Québec. Et aujourd’hui, ils se trouvent dans une période d’incertitude. C’est inacceptable! », déclare M. Gilles Chapadeau, maire de Rouyn-Noranda.

À ce jour, la région de l’Abitibi-Témiscamingue enregistre le taux de postes vacants le plus élevé du Québec et un taux de chômage de 3,9 %. Plus de 600 personnes à Rouyn-Noranda font partie du Programme d’Expérience québécoise (PEQ) et sont concernées par ces récents changements.

Avec le départ de monsieur Legault et l’élection provinciale qui approche, M. Chapadeau observe avec préoccupation les appuis qui se dessinent au sein du caucus de la CAQ. Il s’inquiète notamment du soutien que pourrait offrir M. Jean‑François Roberge, ministre de l’Immigration et de la Francisation du Québec, à Mme Christine Fréchette. Quant à M.Bernard Drainville, sa position n’était toujours pas arrêtée au moment où nous écrivions ces lignes. Dans ce contexte, M. Chapadeau souhaiterait que M. Drainville parvienne à se démarquer du lot.

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« Nous exigeons des actions concrètes de la part du gouvernement, et ce, sans délai, car les impacts se font déjà sentir », M. Gilles Chapadeau, maire de Rouyn-Noranda | CP : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel

Ce que demande concrètement la Ville

La Ville de Rouyn-Noranda demande que les gens qui sont maintenant sur le territoire de l’Abitibi-Témiscamingue obtiennent une clause de droit acquis, afin qu’ils puissent rester. « Il y a un coté humain qu’on ne peut pas négliger là-dedans », déclare M. Gilles Chapadeau.

« Il y a des gens qui ont des enfants, qui sont francisés, des entreprises qui ont payé pour faire venir la main d’œuvre, des gens qui sont venus s’installer sur le territoire puis maintenant on change les règles du jeu», ajoute-t-il.

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Une promesse brisée

Avec ces récents changements de règles en matière d’immigration, plus de 600 personnes ont le sentiment qu’une promesse a été brisée de la part du gouvernement du Québec.

« Lorsqu’on est allé recruter ces gens, on leur a promis des voies de passage à différents programmes, on est conscient parfois qu’il peut avoir des modulations dans les règles du jeu. Mais, d’appliquer des mesures de [resserrement mur à mur] pour des gens qui sont déjà ici, il faut avoir des programmes adaptés à nos réalités territoriales », précise Mme Mariève Mignault, directrice générale du CLD de Rouyn-Noranda.

La directrice de CLD souhaiterait également la mise en place de certains projets pilotes notamment pour la régionalisation de l’immigration « Des gens installés dans les grands centres pourraient venir s’installer chez nous, en région », détaille-t-elle.

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« On est ouvert à discuter à n’importe quelle solution qui pourrait nous permettre de maintenir ces employés en poste et d’en attirer de nouveau », Mme Mariève Mignault | Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel

Mme. Mignault précise également qu’on pourrait cibler certains secteurs d’activités tout comme certains postes en grave pénurie. Ces derniers pourraient bénéficier d’un passage plus rapide pour un permis de travail lorsqu’ils sont en région.

Position des acteurs du milieu

Interpellée sur les mesures prises par le gouvernement, la directrice du CLD, madame Mariève Migneault se dit préoccupée par l’impact de ces mesures sur les entreprises. « Les entreprises ici à Rouyn-Noranda tout comme en Abitibi-Témiscamingue se sont structurées pour attirer et accueillir des travailleurs. »

Ces mesures engendrent des drames humains, et ralentissent l’économie.

« On est une région avec un déficit structurel donc on ne peut pas compter sur l’accroissement naturel négatif de la population pour maintenir les travailleurs en poste. Donc, l’immigration est la voie de passage pour assurer un développement économique constant et ça répond aux enjeux de croissance », précise Mme Mignault.

Face à cette situation, la chambre de commerce souhaiterait que le gouvernement soit ouvert à la réalité régionale.

« On veut ressentir une écoute, mais présentement ce n’est pas le cas », déplore M. Beaupré, président de la Chambre de commerce et de l’industrie de Rouyn-Noranda (CCIRN).

La CCIRN demande au gouvernement fédéral de réviser le seuil maximal de 10 % de travailleurs étrangers temporaires par entreprise, une limite qui freine inutilement la capacité de nos entreprises à maintenir leurs activités.

Les postes vacants affichent un salaire moyen de près de 30 $/heure démontrant à la fois la qualité des emplois et la difficulté à les combler.

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Plusieurs acteurs ont répondu présents à l’appel de la Ville de Rouyn-Noranda pour tirer la sonnette d’alarme auprès du gouvernement du Québec dans le dossier de l’immigration. | CP : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel

Plusieurs autres villes de la région vont se rallier à la démarche de la Ville de Rouyn-Noranda.

« L’immigration est essentielle à la vitalité de Rouyn-Noranda et de l’Abitibi-Témiscamingue. Nous continuerons de nous battre pour l’avenir de notre communauté », conclut M. Gilles Chapadeau, maire de Rouyn-Noranda.

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