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« La réalité est toute autre en région »

22 janvier 2026

par : Ricardo Jr Emmanuel

photo : Mamadou Boubou Lam a choisi la région de l’Abitibi-Témiscamingue pour poursuivre ses études. | Crédit Photo : Photo gracieuseté

Loin de sa terre natale, et aussi des grands centres urbains, Mamadou Boubou Lam, étudiant international à l’UQAT en travail social, apprend à se reconstruire un quotidien entre espoirs, défis et projets d’avenir. Il raconte son parcours, ses difficultés et ce qui pourrait le convaincre de rester en région.

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Originaire du Sénégal, Mamadou Boubou Lam est arrivé en plein cœur d’hiver avec son sac bourré d’espoir et de persévérance. Cependant, il doit faire face à une autre réalité qui lui demande une nouvelle adaptation. Interpellé sur ses premières soirées à Rouyn-Noranda, le Sénégalais avoue avoir été surpris par l’hiver. « Ça a été épouvantable », confie-t-il, alors qu’il a ressenti le froid dès sa sortie de l’aéroport.

Il a choisi de venir étudier en région de façon réfléchie, même s’il ne connaissait pas l’Abitibi-Témiscamingue auparavant. Il avait plutôt entendu parler d’universités situées dans les grandes villes comme Toronto, Montréal ou Laval.

Déjà détenteur d’une maîtrise en sociologie obtenue au Sénégal, il nourrissait le projet de poursuivre des études à l’étranger. Sa démarche l’amène à explorer plusieurs universités canadiennes. Au fil de ses recherches, il apprend que certains établissements offrent des réductions pour les frais de scolarité aux étudiants internationaux.

C’est dans ce contexte qu’il découvre l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT). En parcourant les programmes offerts, son attention se porte sur le travail social. De plus, la consultation du corps professoral achève de le convaincre. Il y reconnaît le nom d’un professeur sénégalais.

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Lorsque l’appel de candidatures pour la bourse est lancé, il décide de tenter sa chance. Heureusement, sa candidature est retenue. L’obtention de cette bourse, qui couvre tous les frais de scolarité de ses études, devient alors l’élément déclencheur de son choix pour l’UQAT.

Les sources officielles ne donnent pas de chiffres précis sur le nombre d’étudiants internationaux vivant en Abitibi-Témiscamingue. Cependant, selon l’Observatoire de l’Abitibi-Témiscamingue, la population étudiante universitaire locale pour l’automne 2025 est en croissance.

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Entre solitude et adaptation, il trouve sa place en région en jumelant ses études et son implication communautaire. | Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel

Ses premiers jours à l’université ont été éprouvants

« Ma première semaine de cours a été un véritable calvaire. Je n’avais pas encore acheté de vêtements d’hiver. Je devais sortir pour me rendre à l’université et, comme je n’habitais pas en résidence, je prenais l’autobus. Chaque fois que je prenais mon téléphone, mes mains étaient glacées par le froid. Je n’avais pas de vêtements thermiques. J’ai passé toute une semaine avec les mains rouges », raconte-t-il.

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Grâce aux différentes activités mises en place à l’UQAT pour faciliter l’intégration des étudiants internationaux, Mamadou Boubou Lam parvient progressivement à s’adapter au climat et à son nouvel environnement.

Toutefois, son principal défi à ses débuts demeure le mode d’enseignement. Selon lui, le système académique diffère considérablement de celui du Sénégal. « Ici, la charge de travail est beaucoup plus volumineuse », souligne-t-il.

Questionné sur le logement en région, il se dit plutôt chanceux, bien qu’il ait dû multiplier les démarches et les contacts avant son arrivée afin de trouver un toit. Si la question du logement lui a parfois semblé paradoxale, il se montre en revanche très satisfait du transport collectif. « Ici, le transport est non seulement gratuit, mais aussi facilement accessible », précise-t-il.

Au-delà de ces facteurs, il n’écarte pas le choc culturel où il perçoit une société plus individualiste. En Afrique, la vie est plus collective, ce qui lui a causé de la solitude au début.

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« L’UQAT, un lieu d’accueil et d’intégration pour les étudiants internationaux », précise Mamadou Boubou Lam. | Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel

À l’UQAT, l’intégration se construit en réseau

Après trois sessions passées à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), il affirme se sentir pleinement intégré à son milieu. Il attribue cette intégration à l’accessibilité du personnel universitaire et au réseau de contacts qu’il a su tisser au fil du temps.

« Je me sens bien intégré parce qu’à l’UQAT, le personnel est accessible. J’ai créé pas mal de contacts. Je fais aussi partie d’un groupe d’étudiants qui accueille les nouveaux arrivants sur le campus de Rouyn-Noranda », explique-t-il. L’UQAT fait tout pour donner le maximum d’informations, selon lui.

Au-delà du cadre universitaire, Mamadou Boubou Lam souligne l’importance de la communauté sénégalaise locale. « Depuis mon arrivée, je les ai beaucoup sollicités. On partage énormément de choses ensemble. Même en période de fête, on se retrouve toujours : on partage les repas, on discute », raconte-t-il.

« Ma place est ici »

Même s’il prévoit terminer ses études à l’hiver 2027, il n’est pas encore certain de poursuivre au-delà, tant la charge de travail lui semble importante.

Pourtant, il envisage de rester en région. « Si j’ai une opportunité, je vais rester en région. Honnêtement, je préfère habiter en région plutôt que dans les grandes villes, car je n’aime pas ces dernières. Je ne me sens pas en sécurité dans les grandes villes. Ici, on peut se déplacer à n’importe quelle heure, même à 2 h du matin », explique-t-il.

Pour lui, c’est aussi une question de relations humaines. « Le fait que je me sente bien intégré dans la ville et que je sois capable de développer des liens humains […] Le fait qu’on m’ait donné une chance d’étudier ici, je dois prouver que je mérite cette chance », ajoute-t-il.

Malgré tout, sa plus grande inquiétude reste l’immigration. « Je ne sais pas quelles seront les conditions applicables pour obtenir ma résidence permanente […] d’ici la fin de mes études », confie-t-il.

Malgré cette incertitude, il encourage les étudiants internationaux à s’orienter vers la région. « Le déplacement est plus simple en région. Choisir la région, c’est se donner une autre carte », conclut-il.

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