— PUBLICITÉ —

Une représentation théâtrale immersive sur le TDAH

19 janvier 2026

par : Joanie Dion

photo : Ève Landry et Harry Demers (Photo : Joanie Dion – Le Citoyen)

Pendant sept jours, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les artistes Ève Landry et Harry Demers, du collectif Demerdry, ont eu l’opportunité de vivre une résidence artistique à l’Agora des Arts. Au terme de cette semaine, une représentation théâtrale d’une vingtaine de minutes sur la thématique du TDAH a été jouée, révélant le fruit de leur travail.

Pour Ève Landry et Harry Demers, la résidence de création est « un espace-temps privilégié dans lequel on peut s'investir dans la création pendant sept jours, 24/7. On est dans une bulle où, soudainement, on n’est pas à la job, on n’est pas dans nos quotidiens, on n’a pas nos chums, on n’a pas nos blondes, on n’a personne… sauf nous, et l’art. C’est comme une bulle dans laquelle, soudainement, on a accès à un lieu, à un équipement et à des gens qui sont constamment entourés de projets créatifs et qui peuvent nous donner des feedbacks quand on en a besoin. »

— PUBLICITÉ —

Cet espace-temps qui leur a permis d’évoluer ensemble dans les points forts de l’un et de l’autre pour créer l’immersion théâtrale qui a été présentée le 18 décembre 2026 après-midi. « Ensemble, on travaille sous le nom Demerdry, comme collectif. J’écris les textes, je fais la régie, la dramaturgie du projet… » commence Ève Landry. « Je m’occupe plus du mouvement, de la programmation technologique et numérique », conclut Harry Demers. Bien que tous deux travaillent dans leur domaine de prédilection, ils demeurent une équipe. « Il n’y a pas de chorégraphe-auteur, on l’est ensemble. On réfléchit quand même des thématiques ensemble. C’est juste que les décisions finales sur le texte, c’est pas mal Ève qui les prend, et les décisions finales sur le mouvement, c’est plus moi qui les prends », spécifie Harry Demers. « On dit qu’on est indisciplinés, dans une certaine manière. On a chacun nos disciplines, mais on se donne le droit de rêver, [de proposer] tel mouvement même si ce n’est pas ma formation. […] Je pense qu’en se donnant le droit de ne pas être dans nos disciplines, ça donne naissance à des choses auxquelles on n’aurait pas nécessairement pensé. »

Un parcours en sens inverse

Comme l’explique Harry Demers, en général, un artiste produit une création, puis le soumet à un diffuseur pour qu’il soit présenté. En revanche, pour le collectif Demerdry, c’est l’inverse qui s’est produit, on leur a proposé de présenter TDAH en 2027 dans un endroit donné. « On avait exploré quelques petits trucs, on n’avait rien d’écrit. Encore aujourd’hui, on n’a rien d’écrit à 100 %. Nous, il faut qu’on se rende jusqu’à cette date-là et qu’on crée ce spectacle-là, avec une date limite en 2027. C’est pas un parcours qui… » « Mais ça fonctionne pour le TDA! » complète Ève Landry. « Ça m’active, ça fait qu’on a un point de fin auquel on va se rendre. Et auquel on n’a pas le choix de se rendre », spécifie Harry Demers.

Un processus de création en plusieurs temps

— PUBLICITÉ —

Maintenant que les artistes ont évalué comment habiter la scène avec les technologies, les écrans et les caméras, les prochaines étapes du projet semblent d’aborder la scénographie. « Maintenant qu’on a vu ce qui est possible et que l’on comprend les écrans, dans un deuxième temps, ça serait de les intégrer dans le décor. Donc, comment on fait la conception scénographique pour que nos lieux de projection soient intégrés », déclare Ève Landry. « Que ce ne soit pas une table avec une nappe dessus. Ça pourrait être une chambre, avec une commande blanche et un lit qui deviennent un espace de projection. [Ou] c’est une classe? Parce qu’il y a beaucoup de TDAH en classe. Un tableau pour écrire dessus, mais qu’il soit blanc », précise Harry Demers. « C’est ce genre de questions là dans l’espace [qu’on est rendus à se poser] », complète Ève Landry.

Une présentation nuancée du TDAH

« On veut projeter les défis de ce que c’est, mais la beauté et la force du TDAH », confie Harry Demers. Également, ils portent le souhait de poser un regard critique sur la société. « Quand j’écris les textes [de demandes de subvention], je parle souvent de dualité ou de contrastes. Pour nous, c’est beaucoup ça. Je pense qu’on a une image collectivement du TDAH qui est relativement péjorative. On imagine des gens qui n’écoutent pas, des gens qui courent partout et qui sont juste gossants pour les autres, alors qu’il y a énormément de côtés positifs. [On veut] réfléchir en dehors de l’individu. Dans la société, le TDAH c’est quoi? Est-ce qu’on est tous de plus en plus TDAH? » résume Ève Landry.

« En résumé, ce que le public a manqué [en étant absent], ce sont des images de certaines conditions. L’hyperfocus, le manque de focus, la surcharge, le sentiment d’être un monstre. On a essayé de provoquer une surcharge de stimuli dans le public pour le faire sentir TDAH un instant », raconte Harry Demers. « Aussi, de mettre en lumière un petit peu le rapport entre la personne qui a un TDAH et celle qui n’en a pas », précise Ève Landry.

C’est Tangente qui les diffusera en 2027. Il est possible de suivre l’évolution du projet sur Instagram sur le compte @_demerde.

Articles suggérés