Le 14 janvier dernier, le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue et le Centre technologique de résidus industriels (CTRI) présentaient le tout nouveau laboratoire d’impression 3D grand format.
Cet espace de travail est non seulement l’aboutissement d’un travail de longue haleine, mais également le début d’une nouvelle ère d’innovation et de développement pour le Québec. « Il y a quand même plusieurs centaines de bâtiments qui ont été imprimés à travers le monde à l’heure actuelle. Donc, on n’est pas les premiers à le faire… mais ce qu’on est les premiers à faire, c’est d’étudier ce concept-là pour le climat, pour le code du bâtiment canadien et québécois, donc pour notre contexte », déclare David Laliberté, enseignant en maintenance industrielle au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue et chercheur principal du Regroupement innovant pour l’impression d’immeubles durables (RI3D).
Ce laboratoire, ainsi que l’acquisition d’imprimantes 3D spécialisées en impression de béton, est le fruit d’une vision portée par le RI3D. Souhaitant apporter des solutions concrètes à pénurie de logements, en construisant plus rapidement et avec une empreinte environnementale réduite, le RI3D articulera son plan de recherche autour de trois axes : tester la technologie dans le contexte canadien (en tenant compte des spécificités climatiques et réglementaires), améliorer le bilan environnemental des bâtiments imprimés (en développant des matériaux innovants) et soutenir l’innovation des entreprises (en leur donnant accès à cette technologie et à cette expertise afin qu’elles puissent valider leur pertinence dans leur modèle d’affaires).

L’une des imprimantes 3D en action. (Photo : Joanie Dion – Le Citoyen)
Un premier projet à Amos
Né d’une idée visant la simplification de la construction de bâtiments, ces imprimantes 3D permettront un premier projet de construction à Amos. « On vise à faire un [immeuble à] six logements à Amos à l’été 2026. Ça arrive très rapidement. Ça va être des logements abordables. […] Dans le contexte de ce projet-là, le RI3D, on va être des fournisseurs de l’enveloppe du bâtiment. Le fait, aussi, que ce soit un bâtiment innovant, ça attire des gens qui ont le goût de s’impliquer dans ce projet-là. Il y a différents partenaires. Par exemple, NZP, qui font des fenêtres, a voulu embarquer dans le projet, parce qu’on vise la certification Passivhaus aussi dans ce bâtiment-là. Ce qui serait quand même une première », explique-t-il.
Bien que les normes du bâtiment ne soient actuellement pas conçues pour considérer les bâtiments imprimés, du fait de la nouveauté du processus, « des démarches sont amorcées pour normaliser ce mode de construction-là. Présentement, on doit faire la démonstration de la résistance, par exemple, des murs qu’on produits via des calculs d’ingénierie et des tests », résume monsieur Laliberté.

Logo du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, suivi de l’acronyme « AT », imprimé en béton. (Photo : Joanie Dion – Le Citoyen)
« Pour pouvoir acquérir l’expérience, on met sur pied des projets de démonstration. Dans le cadre de ces projets-là, ce n’est pas nous l’entrepreneur général du projet. On est vraiment comme une équipe annexe à la construction du projet. Ça nous prend des entrepreneurs, ça nous prend des gens qui veulent faire un projet…. Parce qu’on ne veut pas non plus posséder de bâtiments. Mais ces projets-là, nous permettent d’acquérir de l’expérience pertinente pour pouvoir faire un transfert ensuite technologique vers les entreprises en construction », précise-t-il.
« Nous sommes particulièrement honorés que ce laboratoire soit implanté ici, au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, au sein même des installations de notre Centre technologique de résidus industriels, le CTRI. Cette localisation n’est pas un hasard. Elle témoigne de l’expertise unique que notre centre a développée au fil des ans, notamment dans la valorisation des matériaux et l’environnement forestier et minier », a déclaré par voie de communiqué le directeur général du Cégep, Dany Mercier.