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L’ordre des travailleurs sociaux du Québec récompense une Témiscabitibienne

13 janvier 2026

par : Audrey Pelchat

photo : Christel Brouillette, lors de la remise de prix. (Photo gracieuseté)

Chaque année, l’ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec remet au total quatre prix à des travailleurs sociaux pour leurs pratiques innovantes et leur contribution au développement des connaissances dans le domaine du travail social. Le 11 décembre dernier, Christel Brouillette, jeune travailleuse sociale originaire de Val-d’Or, a reçu le prix relève. Ce prix est remis à un membre de l’ordre qui a moins de 40 ans, qui est en début de carrière et qui fait preuve d’innovation et de créativité dans sa pratique.

Christel Brouillette, jeune travailleuse sociale de 34 ans, a débuté sa carrière en 2018 après avoir fait son baccalauréat à l’UQAT. Elle a commencé sa carrière à l’accueil psychosocial à Val-d’Or où son travail consiste à faire l’évaluation des besoins des personnes qui se présentent à l’aide psychosociale pour ensuite les orienter vers les bonnes ressources.

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C’est lors de cette pratique que Mme Brouillette a constaté le manque de ressources en santé mentale pour les hommes. « Il y a beaucoup de ressources qui existent pour les autres groupes tels que les familles, les femmes, les enfants, mais le nombre de ressources pour un homme est limité, s’ajoute à ça la réalité que c’est plus difficile pour un homme de consulter que pour une femme. »

C’est à ce moment que Christel Brouillette a décidé de faire une maîtrise et de porter son mémoire sur le portrait psychosocial des hommes en région. Ce mémoire lui permet aujourd’hui d’émettre des recommandations dans son milieu afin de mieux rejoindre cette clientèle. Elle a également réalisé une infographie portant sur la santé mentale des hommes et comment leur venir en aide. Cette infographie a été distribuée à plus de 15 000 employés du CISSS-AT dans les cinq MRC de la région. « C’est un outil qui permet aux professionnels de la santé de mieux connaître la réalité des hommes en région éloignée », raconte-t-elle.

Christel Brouillette a aussi réalisé un projet de recherche, en collaboration avec des industries minières de la région et du Nord-du-Québec. Elle a réalisé un atelier de sensibilisation auprès des ressources humaines afin de les conscientiser aux signes précurseurs d’une détresse vécue chez leur employé masculin. Ce projet de recherche financé par le groupe Image de Ville-Marie et Rouyn-Noranda lui a permis d’élaborer un protocole de recherche sur la réalité des hommes qui ont un emploi « fly-in, fly-out » et qui peuvent démontrer une détresse psychologique.

« Il y avait comme recommandation, entre autres, d’instaurer un poste de travail social à même les compagnies pour aller vers les hommes. Parce que tu sais, un homme qui se présente à nous, l’aide dont il a besoin c’est pour hier, c’est tardivement que les hommes vont vers les services. » À la suite de ce projet de recherche, Christel Brouillette a écrit un article scientifique qui est publié dans son ordre professionnel, mais également dans une revue américaine portant sur la santé mentale des hommes.

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C’est par ces projets que la jeune travailleuse sociale est devenue lauréate du prix relève qui récompense une personne sur plus de 17 000 travailleurs de la province. « Ce prix vient renforcer la passion que j’ai développée dans mon travail et je me dis, vous allez me revoir dans 20 ans pour le prix émérite ! », dit-elle fièrement. Dans ses objectifs professionnels, elle nomme vouloir enseigner à l’UQAT et avoir dans sa charge de cours la santé mentale des hommes. « La santé mentale des hommes, ça fait partie de mon travail, c’est mon identité que j’ai choisie, ce n’est pas imposé par mon employeur », dit-elle.

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