Les enjeux de santé mentale demeurent présents malgré les programmes d’aide offerts par l’UQAT à la population étudiante. De nombreux facteurs peuvent influencer le niveau de bien-être mental des étudiants et des étudiantes. Suite et fin de la rencontre avec Mikaël Dion, ancien président de l’Association générale étudiante de l’UQAT (AGEUQAT).
Mikaël Dion observe un changement social entre son entrée à l’UQAT en 2018 et maintenant, début 2026, qui se marque par une aggravation de l’isolement vécu par les étudiants et les étudiantes. « Par exemple, les [étudiants en] deuxième et troisième cycles sont majoritairement des étudiants internationaux. Donc, ils vont se faire des communautés entre eux, mais il n’y a pas vraiment de mixité. Quand tu te promènes, admettons à Amos, je trouve que c’est plus petit et qu’ils se parlent un peu plus. Val d’Or, je sais que [certains programmes] sont surtout de fin de semaine, donc ils sont très isolés. Il y a la cohorte qui est « entre eux autres », mais ils n’ont pas de contact avec personne parce qu’eux autres, leurs cours, sont seulement de fin de semaine. Mont-Laurier, ça vient de devenir un campus, donc on est en train de voir ce que ça donne. Mais Rouyn, admettons, je sais que les partys aident un peu, mais on voit qu’il y a des clans. »
En comparaison avec le début de son parcours étudiant à l’UQAT, il remarque également une diminution de l’achalandage dans l’Atrium (campus de Rouyn-Noranda), notamment, pour étudier. Selon lui, c’est un impact des nouvelles méthodes d’enseignement, comme les cours en hybride, qui diminuent l’envie de rester à l’université pour étudier ou, même, de se présenter sur le campus. « Parce que pour des cours où tu dois être en présentiel, tu vas aller au campus. Tu as le goût d’aller au campus. [En revanche], le fait que tu peux le faire chez vous, est-ce que ça te donne le goût de mettre tes bottes et d’aller à l’UQAT? Pas vraiment. Sans oublier que la précarité financière amène les étudiants à travailler entre leurs cours, diminuant les plages d’études, donc le monde ne reste plus pour étudier. Je me rappelle, à mes débuts, je voyais l’Atrium qui était plein. Maintenant, les salles d’études sont pleines tout le temps, oui. Mais l’Atrium… c’est rare que tu ailles voir du monde étudier là. Il y en a, mais moins qu’avant. Je pense que c’est peut-être un changement de paradigme des étudiants. »
Une aide bienvenue, mais incertaine
Mikaël Dion raconte que l’Observatoire sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur (OSMÉES), à la suite d’études portant sur la santé mentale des étudiants universitaires, avait permis de mettre en place le Plan d’action sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur (PASMÉES). Ce faisant, « le gouvernement donnait un montant chaque année pendant cinq ans pour que les universités offrent un service de soutien en santé mentale. Ce programme-là, qui a été un succès, on ne sait pas s’il sera renouvelé. » Parce qu’une étude plus récente de l’OSMÉES suggère une amélioration de la qualité de la santé mentale pour cette population. En revanche, « en allant lire l’étude, c’est vraiment bien décrit les distinctions où il y a une amélioration parce que c’est une étude qui est subjective. C’est beaucoup comment les gens vont percevoir leur santé mentale. On voit les écarts, les changements, l’évolution qu’il y a eu. Si je ne me trompe pas, au niveau régional, on n’est pas dans les plus hauts. La santé mentale est plus difficile parce que, justement, à l’UQAT, on est l’université qui accepte le plus de personnes en retour aux études, ou on n’est moins regardants pour donner une chance à tout le monde. »
L’accentuation du stress arrive une fois « rendu aux stages, à cause de cette condition-là [le manque de rémunération], chose qu’on ne voit pas, dans les domaines sans stages ou que les stages sont rémunérés. » Sans rémunération durant les stages, les étudiants doivent tout de même subvenir à leurs besoins et, par conséquent, travailler presque le même nombre d’heures par semaine que le temps qu’ils investissent dans leurs stages. « On crée une situation de burnout avant même de sortir de notre cours », résume Mikaël Dion.
Une carte d’adhésion
Un projet pilote chapeauté par l’Union étudiante du Québec (UEQ), en collaboration avec la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), permettrait la rémunération des stages en enseignement. Advenant la situation où chaque Centre de services scolaires (CSS) du Québec atteindrait 50% plus 1 signataires stagiaires en milieu scolaire (comprenant les étudiants en enseignement, en travail social, en psychoéducation), cela donnerait la possibilité d’écrire une convention collective provinciale. En attendant, c’est également chose possible à plus petite échelle, soit CSS par CSS. L’objectif est de « l’envoyer au gouvernement pour mettre de la pression pour que les stagiaires en enseignement soient rémunérés et [la CSQ] pourrait le débattre. »
Pour adhérer et signer la carte au coût de 2$, rendez-vous au https://snse.lacsq.org/.