First Mining Gold planifie la relance à long terme de l’ancienne mine Beattie à Duparquet, en Abitibi. Sous la supervision de Steve Lines, vice-président au développement durable, le projet avance vers une étude de préfaisabilité en 2026, avec des priorités environnementales et communautaires affirmées.
Duparquet chausse les bottes de la vieille Beattie
L’exploitation aurifère y remonte à 1933, année d’ouverture de la mine Beattie, issue d’une découverte faite trois ans plus tôt au nord du lac Duparquet. Entre 1933 et 1956, le site a produit plusieurs millions de tonnes de minerai avant d’être mis en dormance. First Mining Gold en détient aujourd’hui la totalité. Pour mener à bien l’aventure, le vice-président développement durable chez First Mining Gold, Steve Lines, supervise les volets réglementaires et communautaires du projet aurifère Duparquet, en Abitibi.
Le chemin parcouru
Après plus de 16 000 mètres forés en 2025, le projet avance. « Le projet, on l’a acheté en 2022. En 2023, on a publié une étude économique préliminaire. C’était basé sur les travaux de la société Clifton Star en 2013-2014. Depuis lors, on n’a cessé de faire des forages, des travaux d’exploration pour confirmer les quantités d’or et vérifier les autres emplacements. Notre département de géologie pensait qu’il y avait de plus en plus d’or. C’est ça qu’on trouve dans chaque programme d’exploration depuis deux ans : de plus en plus de ressources aurifères », explique-t-il.
L’étude de préfaisabilité et l’environnement
La prochaine étude serait une étude de préfaisabilité, peut-être cette année (2026). « À date, on souhaite faire progresser les forages pour l’exploration. Notre priorité est aussi de travailler avec les communautés et de faire avancer les travaux sur l’environnement. » Le chapitre environnemental s’est concrétisé par « un plan pour gérer les résidus miniers qui sont dans un ancien bunker en béton de la taille d’un court de tennis, contenant la matière de l’ancienne cheminée ».

Des travailleurs manipulant des carottes. (Photo gracieuseté)
Les nouvelles zones Miroir, Aiguille et Minuit
Il est trop tôt pour déterminer avec assurance que les nouvelles zones Miroir, Aiguille et Minuit modifieront la taille, la forme ou la priorisation des zones d’exploitation. « C’est possible, mais on n’a pas assez avancé pour voir comment ça change l’aménagement du site qu’on a prévu dans l’étude économique préliminaire. Les forages qu’on a effectués sont plus en profondeur. On en saura plus avec l’étude de préfaisabilité. On verra si ça change la profondeur des fosses. Il y a beaucoup de travail en ingénierie en perspective. »
Construction vers 2030 ?
« C’est un échéancier général. On doit rentrer dans le processus de l’évaluation environnementale probablement avec le BAPE. Ça prend du temps de faire les études de base sur l’environnement afin d’avoir toutes les données et connaître les impacts environnementaux. »
Pour ce faire, il va falloir avancer l’étude de faisabilité. « Durant les deux prochaines années, ça va être notre travail. On a engagé Stantec, spécialiste en conception et ingénierie durables. En 2027, on pourra peut-être faire la soumission ; on prévoit la construction en 2030 et être en production en 2033. »
Un protocole d’entente historique pour Duparquet
Le dossier concerne les 14 familles qui devront être relocalisées en raison du projet de fosse à ciel ouvert. « Nous avons rencontré la Ville de Duparquet ainsi que les 14 propriétaires. C’était une priorité pour nous de leur transmettre toute l’information sur le projet et de faire avancer les discussions », explique le vice-président.
C’est dans cet esprit que First Mining a conclu, en septembre 2025, une entente avec la Ville de Duparquet. « Le processus pour les 14 propriétaires n’est pas encore défini, mais d’ici six mois, nous souhaitons faire progresser les échanges. Un comité sera formé afin d’évaluer la meilleure façon de collaborer. Nous sommes conscients du stress que cette situation entraîne pour ces familles », poursuit-il.
Selon l’étude économique préliminaire, les 14 résidences se trouvent directement dans l’emprise de la future mine. « Nous voulons régler cet enjeu le plus rapidement possible, et de manière satisfaisante pour tout le monde », assure-t-il.
Le droit de préemption accordé à l’entreprise ne limitera pas la liberté des propriétaires de vendre à d’autres acheteurs. « Par exemple, si six ou sept propriétaires souhaitent vendre leur maison maintenant, je n’ai pas le budget pour toutes les racheter. Nous ne voulons pas qu’ils soient freinés dans une éventuelle transaction avec un autre acheteur », précise-t-il.

Le site minier Duparquet. (Photo gracieuseté)
Les retombées économiques régionales
Le recrutement sera multiple. « On essaie d’engager le plus possible localement. Notre superviseur du site habite à Duparquet. On a des travaux de forage : on engage des géologues, de la main-d’œuvre variée. À l’avenir, nous recruterons en fonction des études environnementales : étudier la qualité de l’eau en surface, de l’eau souterraine, la qualité de l’air. Et sur la qualité de l’écosystème aquatique. »
Plusieurs comités pour mieux interagir
Afin d’associer la municipalité duparquetoise au suivi technique et environnemental du projet, un dispositif a été instauré. « Dans l’entente avec la Ville, on a établi plusieurs comités : un comité avec la Ville ; un autre pour les citoyens qui vont travailler directement avec nous pour faire avancer les plans d’aménagement. C’est pour mieux comprendre les préoccupations de la Ville et de ses habitants et comment faire évoluer un projet en harmonie. Ce sera aussi pour faire des mises à jour, échanger les informations, répondre aux interrogations citoyennes », poursuit le représentant de First Mining Gold.
Nombre de citoyens s’inquiètent des déchets miniers, de la qualité de l’air et de la réhabilitation future. « C’est une question cruciale. Il faut comprendre que le site Beattie présente un passif environnemental important à gérer. Ce passif reste. Personne n’a rien fait sur l’aspect environnemental pendant 75 ans. Cette situation ne peut changer que si une société fait éclore un nouveau projet. »
Il soutient qu’un « nouveau projet dans une ancienne mine, c’est une opportunité de régler cette problématique. Par exemple, on veut récupérer les anciens résidus miniers équivalant à 4 millions de tonnes. Dans ces résidus, il reste de l’or aussi ». « Ce n’est pas souvent qu’un projet minier apporte des changements positifs pour l’environnement. Ce sera le cas à Duparquet. L’environnement y sera plus sécuritaire », promet-il.