Plusieurs défis se dressent dans le parcours de ceux et celles qui s’inscrivent à l’université et peuvent influencer leur cheminement, leur avenir. Rencontre avec Mikaël Dion, ancien président de l’Association générale étudiante de l’UQAT (AGEUQAT).
Une baisse du nombre d’étudiants inscrits aux cycles supérieurs universitaires (maîtrise et doctorat) s’observe, selon Mikaël Dion. Nombreux sont ceux qui se questionnent quant à la pertinence financière de poursuivre leur cheminement vers les hautes études après avoir complété un baccalauréat, malgré même peut-être leur intérêt à continuer d’étudier.
« Par exemple, en travail social, au bac, on est des cohortes de 23-25 [étudiants] et, à la maîtrise, ça peut être des cohortes de 5-6 personnes. Ça veut dire qu’il n’y en a pas beaucoup qui y vont. […] Mais ça coûte cher. Par exemple, je suis le premier à faire mes stages à temps partiel sur deux ans. Là, je me dis que je vais être deux ans à travailler sans salaire. Après ça, est-ce que je veux continuer une maîtrise qui va me coûter cher ? […] J’y pense parce que le fait d’avoir des stages non rémunérés, ça crée une pression économique qui fait [me demander si] je veux continuer d’être dans la précarité », confie-t-il.
« À la seconde où tu es étudiant, tu es considéré comme une personne qui vit sous le seuil de pauvreté. C’est automatique, peu importe ta condition. C’est ça parce que tu es là pour apprendre. Au Québec, tu as comme ce statut-là [qui dit que] c’est normal que tu sois en situation de pauvreté. C’est pour ça que je me [demande] jusqu’à quand que je veux le faire, et il y a beaucoup d’étudiants qui se posent cette question-là. »
Le programme d’aide Dépanne-moi
Lié au Service d'aide aux étudiants (SAE) de l’UQAT, le programme d’aide Dépanne-moi permet aux étudiants qui le réclament une évaluation de leurs besoins et une aide financière justifiée en ce sens. « Les personnes vont voir les intervenants psychosociaux, qui évoluent dans leur situation et les facteurs de protection. Si jamais il y a vraiment besoin, [le programme offre] quelques milliers de dollars (dépendamment des besoins) pour qu’elles puissent s’en sortir. C’est un programme qui est plus utilisé que ce qu’on s’attendait au début. On voit la précarité qu’il y a », explique Mikaël Dion. « Même, ce n’est pas la responsabilité de l’Université de s’occuper de ça, mais c’était tellement criant et il y a tellement peu de ressources qu’on n’a pas eu le choix [de créer le programme]. »
Les frigos sur les campus
Chaque semaine, un réfrigérateur à l’UQAT (campus de Rouyn-Noranda, Val d’Or et Mont-Laurier) est rempli par un fournisseur, et c’est accessible aux étudiants. En revanche, « quand il est rempli, en quinze minutes il est vidé », ce qui, pour Mikaël Dion, illustre la problématique, le besoin. Mais comment peut-on combler les besoins dans ce cas ? « Il y a eu, à un moment donné, des ententes avec une boulangerie qui n’existe plus qui venait porter tous ses excès. [Quand j’étais dans l’association étudiante,] l’AGEUQAT allait quelquefois dépenser de l’argent pour le remplir. Sinon, le monde peut le remplir aussi. Avant les Fêtes, du monde faisait des batchs de sauce à spaghetti en pots et allait porter ça là. » Cependant, « on est à revoir le système d’approvisionnement. […] On essaye de voir avec les autres universités ce qu’elles font, qui permet de fonctionner. »
Mikaël Dion rappelle, par ailleurs, qu’un service qui est offert au campus de Rouyn-Noranda de l’UQAT doit également l’être à Val-d’Or, à Mont-Laurier, à Montréal et à Amos, « ce qui complexifie l’offre qu’on peut faire. C’est pour ça qu’on essaye des méthodes différentes tous les ans pour être capable de le bonifier. »
En équipe contre la pauvreté
« Dans le fond, on travaille en étroite collaboration avec la Fondation de l’UQAT, qui fait un travail de fou pour nous aider et essayer de trouver du financement, mais aussi des méthodes. […] Ainsi, les services d’aide aux étudiants, la Fondation et l’AGEUQAT travaillent en synergie pour répondre au problème. » Mikaël Dion appelle à un agrandissement de l’AGEUQAT pour une meilleure représentation des étudiants à travers les cinq campus de l’UQAT et pour mieux accueillir ceux et celles qui demandent déjà à s’impliquer bénévolement. « Ça fait beaucoup d’étudiants à représenter à seulement cinq personnes. »