Du 26 au 30 décembre derniers, quatre jeunes de la région ont pris la route de Québec afin de participer à la 76e édition du Parlement jeunesse du Québec. Emrik Bérubé, de Duhamel-Ouest, Benjamin Brassard, de Villebois, ainsi qu’Antoine Jalbert et Mishka Caldwell-Pichette de Rouyn-Noranda, ont vécu une immersion unique au cœur du fonctionnement démocratique québécois, en présence de Farnell Morisset, lieutenant-gouverneur de cette simulation parlementaire.
Le processus de sélection pour participer à l’événement était exigeant. « Il fallait s’inscrire et rédiger trois textes de 300 mots pour expliquer pourquoi on devrait être choisi. Lorsque j’ai appris que j’étais sélectionné, j’ai aussi dû me rendre à Montréal pour une rencontre préparatoire. On nous a remis un cahier de préparation comprenant l’horaire, les projets de loi, les règlements et le décorum », explique le Témiscamien Emrik Bérubé.
Chaque année, près d’une centaine de jeunes âgés de 18 à 25 ans prennent part à cette simulation parlementaire. En l’absence des élus, les participants occupent les sièges de la véritable Assemblée nationale et en reproduisent le fonctionnement, avec un gouvernement dirigé par un premier ministre, une opposition officielle et des débats encadrés par des règles de procédure inspirées de celles en vigueur à Québec. Les participants incarnent ainsi différents rôles, tels que députés, ministres ou membres de l’opposition.

Benjamin Brassard (Photo : Studio Le Point Rose)
Cette année, les travaux dans le salon bleu ont un peu modifié le déroulement habituel. « Comme le Salon bleu était en rénovation, nous n’y avons siégé qu’une seule fois. Les autres journées se sont tenues dans une ancienne église aménagée pour reproduire le fonctionnement du Salon bleu », précise Antoine Jalbert.
Pour Benjamin Brassard, cette édition marquait un retour au Parlement jeunesse, cette fois dans le rôle de secrétaire général de l’Assemblée, après y avoir siégé comme député l’an dernier. À titre d’officier de table, il veillait au respect des règlements, à la procédure et au bon déroulement des travaux parlementaires.
De son côté, Mishka Caldwell-Pichette en était également à sa deuxième participation. Après avoir occupé le rôle de députée lors de l’édition précédente, elle assumait cette fois la fonction de whip de l’opposition officielle, responsable de la coordination, de l’organisation et de la cohésion des députés de l’opposition afin d’assurer une opposition efficace en Chambre.

Mishka Caldwell-Pichette (Photo : Jocelyn Riendeau)
Emrik Bérubé et Antoine Jalbert participaient pour leur part à l’événement pour la première fois comme députés. Les débats de cette édition ont porté sur plusieurs enjeux d’actualité, dont l’intégration de l’intelligence artificielle dans la fonction publique, l’impact de l’héritage sur la mobilité sociale, la détermination des peines dans le système de justice et l’encadrement d’une exploitation spatiale responsable. Les deux jeunes ont d’ailleurs choisi de travailler sur ce dernier projet de loi.
« Le Parlement jeunesse se distingue par son caractère non partisan. Les participants sont libres d’exprimer leurs opinions et chaque député agit de façon indépendante. En plus des projets de loi, nous avons aussi eu à nous prononcer sur des motions déposées par l’opposition », souligne Emrik Bérubé.

Antoine Jalbert (Photo : Antoine Jalbert)
Il retient de cette expérience une formation à la fois intensive et marquante. « C’est l’une des expériences les plus formatrices que j’ai vécues. Nous faisions jusqu’à 16 heures de séance par jour afin de condenser, en quelques jours, le travail que les députés accomplissent habituellement en une semaine. C’est vraiment un bel événement », ajoute-t-il.
Antoine Jalbert partage le même enthousiasme, mettant en lumière la richesse des échanges. « Nous avons rarement l’occasion de débattre de façon aussi structurée sur un sujet précis. Nous analysions les projets de loi ligne par ligne pour expliquer pourquoi ils étaient pertinents ou non, puis nous nous réunissions en petits groupes pour discuter des amendements à proposer. Le projet était ensuite débattu à nouveau avant d’être soumis au vote. C’était vraiment une belle expérience », conclut-il.