Le projet Dumont Nickel, situé près d’Amos, bénéficie d’un appui politique renforcé tandis qu’il progresse vers sa mise en production. La vice-présidente Affaires publiques et communications, Valérie Pomerleau, et le chef de l’exploitation, François Vézina, font le point sur les récentes avancées : le soutien du gouvernement québécois, les discussions avec Hydro-Québec et le calendrier énergétique du projet.
Comment évaluez-vous l’importance du soutien public exprimé par le premier ministre François Legault lors de sa visite au site du projet Dumont?
La visite de François Legault pour discuter du projet Dumont a marqué un moment fort pour toute l’équipe et la progression de notre projet. Cela témoigne d’un appui réel du gouvernement du Québec envers un projet structurant pour la région et pour la filière des minéraux critiques et stratégiques.
Qu’attendez-vous concrètement de l’appui politique de Québec pour faire progresser le projet?
Cet appui se traduit par une volonté commune de faire du Québec un chef de file dans le développement de la chaîne d’approvisionnement des minéraux critiques et stratégiques, et la production responsable de nickel et de cobalt. La production de ces métaux est essentielle à la transition énergétique et à la souveraineté industrielle. Nous sommes confiants que cet engagement se concrétisera par un accompagnement continu dans la réalisation de notre projet et au développement des opportunités connexes à ce projet régional.
Où en sont les discussions avec Hydro-Québec concernant l’attribution définitive du bloc énergétique réservé pour Dumont?
Les discussions avec Hydro-Québec progressent de façon constructive. Une lettre de confirmation officielle a été reçue en juin dernier pour l’obtention d’un bloc énergétique, confirmant la volonté d’Hydro-Québec d’alimenter le projet. Nous travaillons présentement à compléter les étapes administratives et techniques menant à la signature de l’entente finale, prévue d’ici la fin de l’année 2025.
Ce bloc énergétique est-il suffisant pour répondre aux besoins à long terme du projet, ou faudra-t-il prévoir des compléments?
Le bloc réservé répondra aux besoins de la phase 1 du projet, et une planification est déjà amorcée pour les phases subséquentes, en fonction de l’évolution du marché et des technologies énergétiques vertes.
Quel est le calendrier préliminaire pour conclure l’entente énergétique et lancer la construction de l’infrastructure électrique?
L’entente définitive relative à l’allocation d’énergie pour le projet Dumont est prévue d’ici la fin de l’année 2025. En ce qui concerne la construction de l’infrastructure électrique, celle-ci relève de la responsabilité d’Hydro-Québec.

Valérie Pomerleau de Dumont Nickel (Photo gracieuseté)
Quels autres leviers gouvernementaux sont nécessaires pour atteindre la décision finale d’investissement?
L’appui gouvernemental demeure essentiel pour franchir la décision finale de construction de la mine. Nous poursuivons nos démarches auprès des gouvernements du Québec et du Canada, notamment via Investissement Québec et le Fonds de croissance du Canada, afin de compléter le montage financier.
Le marché des voitures électriques est très dynamique et de nouveaux marchés pour le nickel et le cobalt en Europe et Amérique du Nord se dessinent.
Le Canada et le Québec sont au premier plan de cette effervescence pour sécuriser l’approvisionnement en minéraux critiques et stratégiques et le projet Dumont Nickel est l’un des rares projets qui est prêt à être construit pour répondre à cette demande.
Le statut obtenu par Dumont comme projet stratégique reconnu par l’Union européenne a-t-il déjà eu des retombées concrètes sur vos démarches de financement ou de partenariats?
Sur la scène internationale, la reconnaissance du projet Dumont comme projet stratégique par la Commission européenne représente une percée majeure. Dumont est le seul projet nord-américain inscrit sur la liste des 47 projets d’intérêt commun pour la sécurité des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques.
Ce statut renforce la crédibilité du projet auprès des investisseurs et facilite nos discussions avec de futurs partenaires industriels et acheteurs stratégiques.
Quelles mesures prévoyez-vous pour minimiser l’empreinte carbone et l’impact environnemental de l’exploitation, notamment en matière d’énergie et de gestion des résidus?
Le projet Dumont a été conçu pour figurer parmi les opérations minières à plus faible empreinte carbone au monde. Nous misons sur une alimentation hydroélectrique, la valorisation des résidus miniers pour le captage du CO₂ et des infrastructures écoénergétiques intégrées à la conception.
Où en est la mise à jour des études environnementales et sociales depuis le rapport du BAPE, et quelles étapes restent à franchir?
La consultation publique du BAPE remonte à 2014, mais nos consultations sur le terrain se poursuivent de façon continue avec toutes les parties prenantes locales et régionales.
Nos études environnementales et sociales, quant à elles, sont à jour et régulièrement révisées afin de tenir compte de toute évolution de la réglementation et des meilleures pratiques environnementales au Québec.
Nous consultons régulièrement nos parties prenantes et restons à l’écoute des communautés d’accueil. L’écoute fait partie de nos valeurs et nous allons poursuivre les communications avec les acteurs de la région tout au long du développement du projet.

François Vézina de Dumont Nickel (Photo gracieuseté)
Quelles retombées économiques anticipez-vous pour la région d’Amos et l’Abitibi-Témiscamingue, notamment en matière d’emplois directs et indirects?
Le projet Dumont représente une opportunité générationnelle pour l’Abitibi-Témiscamingue et le Québec :
Jusqu’à 1 200 emplois directs pendant la construction et plus de 500 emplois permanents directs en exploitation, sans compter les emplois indirects.
Environ 500 M$ en retombées économiques annuelles au Québec, dont 80 % dans la région.
Quel rôle le projet Dumont pourrait-il jouer dans la filière québécoise des batteries et dans la chaîne d’approvisionnement nord-américaine et européenne en nickel et cobalt?
Le projet Dumont Nickel jouera un rôle déterminant dans la filière québécoise des batteries et dans la chaîne d’approvisionnement nord-américaine et européenne en métaux critiques. En produisant du nickel et du cobalt, Dumont permettra d’alimenter la fabrication d’environ 840 000 véhicules électriques par année, contribuant ainsi directement à la décarbonation du transport et à la souveraineté minérale du Québec et du Canada.
Ce projet, entièrement conçu et développé au Québec, s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à bâtir une filière complète et intégrée — de l’extraction à la transformation — et à soutenir la création d’emplois durables et qualifiés en région.
Avec Dumont, le Québec deviendrait le premier producteur de nickel avec près de 30 % de la production totale des pays de l’OCDE, consolidant sa position de leader mondial dans l’approvisionnement durable en minéraux critiques.
Quelles conditions doivent être réunies pour que le conseil d’administration prenne la décision finale d’investissement et que le chantier débute?
Avant que la décision finale d’investissement soit prise, certaines conditions majeures doivent être réunies : signature de l’entente finale d’énergie avec Hydro-Québec, qui officialisera l’allocation de puissance nécessaire au démarrage du projet et confirmation du financement gouvernemental, notamment par le Fonds Capital Ressources Naturelles et Énergie (FCRNE), en complément des investissements privés déjà engagés.
Le projet Dumont Nickel demeure prêt à démarrer : les autorisations gouvernementales sont en place, la planification technique est complétée et les démarches administratives finales sont en cours. Une fois la décision confirmée, le chantier pourra s’amorcer à l’été 2026 pour permettre une mise en production dès que possible.
À quels défis majeurs le projet Dumont fait-il encore face aujourd’hui?
Les défis actuels sont liés au calendrier d’approbation des appuis financiers et à la stabilité du marché des métaux. Cependant, la conjoncture mondiale — marquée par la volonté des pays alliés de réduire leur dépendance à la Chine — crée un contexte extrêmement favorable pour Dumont, un projet 100 % québécois et stratégique pour l’avenir énergétique du Canada.
En cas de réalisation, quels sont les principales étapes et le calendrier prévisionnel jusqu’à la mise en production commerciale?
Le projet Dumont Nickel suivra un calendrier bien structuré. L’obtention du bail minier et des permis sectoriels sont prévus en 2025 et début 2026, de pair avec les dernières étapes d’ingénierie de détail et la planification des infrastructures.
Les travaux de préparation du site et de décapage débuteraient dès 2026, en parallèle avec la construction des premières infrastructures minières. La construction complète de l’usine de traitement et le développement minier se poursuivraient ensuite jusqu’en 2028, menant à la mise en service graduelle des équipements à la fin de cette même année.