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Quand les mines et la formation creusent ensemble l’avenir

1 janvier 2026

par : Davide Buscemi

photo : Le colloque 2025 de l’INMQ. Photo gracieuseté INMQ/Christian Leduc.

Plus de 150 acteurs du monde minier et de l’éducation se sont réunis dernièrement, à Rouyn-Noranda, pour discuter d’un même défi : former ici la relève de demain. Le 10ᵉ colloque sur la formation minière, organisé par l’Institut national des mines du Québec (INMQ), a rassemblé sur une même scène les établissements d’enseignement, les entreprises et le gouvernement autour d’un objectif commun : rapprocher la formation du terrain.

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Ce colloque a permis de faire un tour de table approfondi des acteurs. L’enseignant en Technologie minérale au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, Régis Normand, s’exprime sur l’avantage d’enseigner dans la région. « J’aime bien dire au Cégep qu’on a les mines directement dans notre cour. Pour le partenariat, c’est facilitant. On peut aller y faire des visites dans l’industrie ou recevoir des invités du secteur minier en classe. »

La directrice régionale des ressources humaines d’Agnico Eagle, Sandra Marseille, renchérit. « Nous, on dit qu’on a l’éducation dans notre cour, alors ça fonctionne. On aime que des jeunes viennent d’ailleurs pour travailler chez nous, mais on aime aussi que les jeunes d’ici restent ici. »

Une proximité intéressante

Enseignante à l’École d’études autochtones de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Joanie Caron abonde dans ce sens. « La proximité géographique est intéressante : l’éducation, les mines, les communautés autochtones. Cette proximité-là fait que quand les minières, les communautés ont un besoin, elles savent qu’on n’est vraiment pas loin. Nos étudiants de 2e et 3e cycles travaillent sur des problématiques très concrètes qui répondent à de réels besoins. Ensuite, c’est appliqué rapidement par l’industrie. » Elle souligne l’existence de l’Institut de recherche en mines et environnement (IRME). « L’IRME est une expertise reconnue à l’international. »

Le coordonnateur du Centre national des mines auprès du Centre de formation professionnelle (CFP) Val-d’Or, Martin Richard, met en exergue le dévouement du corps enseignant préparant la relève pour le secteur minier et la proximité des minières du CFP.

On y puise la moitié de la main-d’œuvre

Pour sa part, le directeur principal, services techniques et évaluation de projets miniers chez Eldorado Gold Québec, Jessy Thelland confirme que le CFP et autres institutions d’enseignement professionnel sont « leur grand fournisseur de future main-d’œuvre » (mécaniciens, électriciens, travailleurs miniers, etc.) à environ 50 %.

« Le Cégep forme ceux qui vont occuper des postes plus techniques. Ces derniers vont faire le lien entre la planification minière et l’exécution sur le terrain en s’assurant qu’on suit la géologie, que le contrôle du terrain est adéquat, précise-t-il. La majorité de nos superviseurs de première ligne viennent des bancs d’école du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue. »

M. Thelland insiste aussi sur le facteur humain et l’organisation d’un groupe de travailleurs. La collaboration et l’esprit d’équipe sont des aptitudes recherchées chez les nouveaux candidats qui font la différence.

Des professions très diversifiées

Quant aux professionnels (géologue, ingénieur, métallurgiste), ce sont des « métiers importants et névralgiques dans l’industrie, mais avec les nouveaux défis comme le développement durable, l’engagement à suivre les standards ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance), on a besoin de gens qui s’assureront de cette conformité. Ça prend des chimistes, des comptables, des spécialistes en environnement. Mais aussi des informaticiens, des avocats, des infirmières. Ce ne sont pas des professions essentiellement minières, mais qui sont essentielles à notre secteur. »

La présidente de l’Institut national des mines, Christine Duchesneau, indique que son organisme collabore à divers niveaux de formation. L’Institut travaille avec le « Pôle d’enseignement supérieur dans le domaine minier pour établir des passerelles plus rapides entre les DEC-DEP-AEC et les métiers les plus en demande. Ça permet d’augmenter l’employabilité » et de poursuivre dans l’enseignement supérieur.

Agnico Eagle et le Centre de formation

Martin Richard évoque un partenariat avec la firme minière bien connue. « Avec l’équipe de Marc Gendron de la mine Odyssey, on a réalisé qu’on devait démystifier les programmes en extraction. Avec Agnico Eagle, on s’est questionné sur la responsabilité de la minière concernant la formation. Et sur la responsabilité commune. On a un programme de 930 heures grâce auquel la personne est apte à se débrouiller dans toutes les facettes du milieu minier. »

Cette initiative favorise l’acquisition de compétences adaptées à la réalité technologique des opérations minières et à l’évolution rapide des méthodes d’automatisation. L’INMQ voit en ce modèle de coopération un exemple d’arrimage réussi entre le milieu de l’éducation et l’industrie.

Sandra Marseille de chez Agnico Eagle se réfère à un programme LDP (Leadership Development Program) qui existe depuis plusieurs années (à La Ronde). « Quand on est à l’école, on n’apprend pas comment on communique, comment on aborde les gens. Donc, cette formation (en interne) LDP s’étale sur cinq modules et cinq jours : feedback, communication, etc. Tout ce dont on a besoin en supervision. »

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