Le 10 décembre dernier avait lieu l’inauguration de la toute première murale à la Ville de Malartic. L’œuvre intitulée L’étoffe de nos mères a été réalisée par l’artiste Ariane Ouellet en collaboration avec les muralistes Andréane Boulanger et Annie Boulanger, originaires de Malartic.
Située au Théâtre Malartic, L’étoffe de nos mères représente les femmes de la communauté malarticoise par le portrait de femmes marquantes de l’histoire de Malartic, entre autres Lise Rousson et Garde Morton. « Certains personnages [dans la murale] sont fictifs, d’autres sont réels. Différents domaines sont représentés. On parle ici de Lise Rousson, qui a été une enseignante, fondatrice de la Maison de la famille », commence Claudia Alarie, coordonnatrice culturelle à la Ville de Malartic. « Elle a été bénévole à la coop alimentaire », complète Tommy Auger-Cadieux, directeur du service des loisirs et de la culture, aussi à la Ville de Malartic. « C’est une enseignante qui est décédée au printemps dernier. On peut donc dire qu’elle a marqué la population de Malartic, [surtout] les gens qui sont allés à l’école secondaire Le Tremplin. Bref, c’est une dame qui s’est impliquée beaucoup bénévolement. »
« Il y a aussi Garde Morton, qui a été une infirmière et sage-femme qui travaillait à l’hôpital de Malartic et qui a accompagné les femmes et a donné naissance à plusieurs enfants de Malartic », ajoute Claudia Alarie. « Il me semble qu’elle est décédée à 101 ans. Elle a quand même marqué l’imaginaire du monde hospitalier à Malartic », renchérit Tommy Auger-Cadieux.
Pour rappeler l’époque des familles nombreuses, la famille Abud, une famille d’entrepreneurs, prend également place dans la murale. « Sur l’image, le concept principal, ce sont des grands-mamans qui tricotent une courtepointe. La famille Abud, Garde Morton, Lise Rousson et une femme qui travaille dans les mines sont représentées sur la courtepointe comme si les grands-mères tricotaient une communauté. Ça commence avec la famille Abud. C’est représentatif des familles nombreuses de l’époque », explique Claudia Alarie.
« Comme on parle de la dame qui travaille dans le milieu minier, sa peau est peut-être basanée. On pourrait peut-être croire qu’elle a une autre origine. Auparavant, le métier des mines était non traditionnel [et] de plus en plus de femmes font partie du milieu minier. C’est un petit clin d’œil à l’industrie minière qui est présente à Malartic », récapitule Tommy Auger-Cadieux.
Un projet échelonné sur plusieurs mois
« C’est un projet qui était dans l’air depuis une dizaine d’années, mais c’est en 2023, qu’avec la première Politique culturelle de la Ville de Malartic et son plan d’action, que l’action de la murale a été priorisée. Depuis un an, on travaille avec Ariane Ouellet et les propriétaires du bâtiment pour faire cette murale-là. À l’été 2025, c’est là que les pinceaux et les rouleaux se sont fait aller », rapporte-t-il.
Cette murale constitue un hommage à l’apport essentiel de générations de femmes ayant façonné la communauté malarticoise : mères, enseignantes, commerçantes, infirmières, sages-femmes, artistes, travailleuses de secteurs non traditionnels et tant d’autres. Leurs actions, parfois discrètes, mais toujours déterminantes, ont contribué à bâtir le tissu social, culturel et économique de Malartic.
Nourrir le sentiment d’appartenance
Dans la vidéo sur le site Internet de la Ville de Malartic, les artistes muralistes le racontent et Tommy Auger-Cadieux le rappelle en entrevue : les citoyens sont fiers de la murale. « On sait qu’il y a beaucoup d’efforts qui se font pour la revalorisation du centre-ville de Malartic avec les devantures, l’animation du milieu, etc. La murale venait aussi toucher à ces aspects-là et créer un sentiment d’appartenance. Les gens sont fiers. Pendant que les artistes ont fait la murale, les gens sont allés les voir […] C’était un bel événement », conclut-il.