Le 1er décembre dernier, le cégep de l’Abitibi-Témiscamingue annonçait sur ses réseaux sociaux que l’étudiante Lisa-Marie Gren gagnait une bourse de 800 $ pour sa participation à un concours de dissertation en philosophie. Elle s’est démarquée parmi 130 autres participants avec son texte qui répondait à la question : « Doit-on ignorer les classiques de la philosophie? »
Pour Lisa-Marie Gren, la philosophie est une passion. C’est dans le cadre de son implication dans le département de philosophie du cégep de Rouyn-Noranda que l’enseignant Marc-André Morin lui a proposé de participer au concours. Mais comment répondre à cette question dans une dissertation? « Dans ma thèse, j’ai répondu que, non, ce n’est pas possible d’ignorer les classiques de la philosophie. J’ai utilisé des connaissances que j’ai acquises tout au long de ma vie en lisant des livres et en me renseignant avec des articles. Donc, j’ai expliqué que, selon moi, c’était une continuité de savoir une thèse qui est nécessaire aux prochaines, que ce n’était pas possible d’ignorer les classiques parce que, involontairement, on les a un petit peu au sein de notre inconscient collectif. J’ai parlé de plusieurs auteurs différents, comme Stephen Hawking, Spinoza, Platon, Nietzsche, Lucrèce, Descartes », explique l’étudiante du programme préuniversitaire en Arts, Lettres et Communication en option Langues.
Un texte de cette envergure, pour un concours et avec ce niveau d’écriture, nécessite plusieurs relectures et séances de réécriture afin d’affiner les idées et les propos. « Ça demandait beaucoup de rigueur, d’y revenir souvent, de corriger plein de choses. Puisque j’avais mon tuteur, Marc-André Morin, qui corrigeait mon texte chaque fois que je faisais des modifications, [je constatais que] certaines idées ne passaient pas, qu’il fallait que je les enlève. C’était ça, on va dire, qui était le plus difficile, mais ce n’est pas non plus une mauvaise chose. Ça m’a appris à rédiger un texte de façon plus sérieuse et assidue, dans un niveau plus élevé que ce que je peux faire au cégep, un peu plus universitaire du coup. Ce n’était pas quelque chose de très compliqué, c’était très intéressant comme processus. »
C’est sans savoir qu’il y avait des bourses en jeu que Lisa-Marie Gren a commencé l’écriture de son texte. Pour elle, ce qui la motivait à écrire, « c’était plus le fait de pouvoir matérialiser les connaissances et mon amour de la philosophie dans quelque chose de plus concret. » Malgré cela, la bourse représente « le fait que ça ait servi à quelque chose que je passe du temps à me cultiver, à me renseigner sur tout ça. C’est un petit peu comme une victoire », confie-t-elle. « J’étais surtout fière de la place que j’avais eue parce que je ne pensais pas avoir la troisième place. »
L’impact de l’écriture dans sa vie
Celle qui a de nombreux projets d’avenir comprend que cette participation au concours, et même l’écriture, aura un impact sur la suite de son parcours. « Ça va me servir dans le cadre de mes études, et même [au niveau] professionnel, parce que j’aimerais bien être professeure, peut-être même écrire un livre dans l’avenir. Au cours de mes études, le fait d’avoir appris à avoir de l’assiduité dans un texte et d’avoir un sens critique, parce que ça demandait beaucoup de corrections tout le temps, je pense que ça va m’aider pour faire un meilleur travail plus tard, et avoir de meilleurs résultats. »