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Luc Boyer dans une exposition collective à Val-d’Or

11 décembre 2025

par : Joanie Dion

photo : Luc Boyer avec sa sculpture La grande danse des gastéropodes juvéniles. (Photo : Gracieuseté Luc Boyer)

L’exposition Ruptures et métamorphoses transporte le public au cœur de quatre univers artistiques uniques, où les concepts de transformation, de vulnérabilité et de résilience sont explorés à travers une variété de médiums et de techniques. Naghmeh Asadi, Luc Boyer, Marven Clerveau et Lwanzo Dupuis invitent à réfléchir sur la nature changeante de l’art et sur sa capacité à transformer la perception du public sur le monde qui l’entoure. Rencontre avec Luc Boyer.

Originaire de Québec, mais vivant à Rouyn-Noranda depuis les années 1980, Luc Boyer s’inspire du corps humain et du monde aquatique, précisément des abysses aquatiques, pour créer ses sculptures. Celui qui raconte l’état méditatif dans lequel la création le plonge espère que ses créations pourront en faire de même avec le public. « Par mes sculptures, je veux emmener les gens à décrocher du quotidien pour aller dans l’imaginaire, que les gens s’imaginent des histoires, qu’ils se racontent des histoires, qu’ils décrochent de la réalité quelques instants », confie Luc Boyer, sculpteur et enseignant à la retraite.

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La pratique artistique de Luc Boyer en est une qui se veut représentative du corps humain, par les rappels des systèmes musculaire et nerveux, sans montrer le corps trop concrètement. Comme une vision agrandie de certains aspects plus spécifiques du corps humain. « Je m’inspire du corps humain, sans nécessairement le représenter. Souvent aussi, il y a une référence à mon handicap. L’énergie qui ne passe pas, l’idée du virus qui essaye de sortir, etc. », précise-t-il. « Toute mon approche, quelque part, est traditionnelle, dans le sens que, pour moi, ce qui est important, c’est la ligne, le plan, le volume, la lumière, l’ombrage, la matière, ce que la forme dit alors que, maintenant, en arts actuels, c’est le discours qui tient autour de l’objet qui prend le plus d’importance. »

Dans ce qu’il expose à Val-d’Or présentement, « on est encore dans les formes du corps humain, mais les organes mous du corps humain mélangés avec les formes du fond des océans, les abysses. […] Les pieuvres, ça change bien plus de couleurs qu’un caméléon, en plus ça change de textures; la texture de la peau peut être toute lisse, tout autant que toute ratatinée ou toute rugueuse, en plus de changer de couleurs. »

Visions sur l’art Québec rassemble des artistes vivant avec un handicap

« En tant que personne handicapée, ayant eu la polio quand j’étais tout petit, longtemps j’ai marché avec une canne, et depuis le début des années 1990, je suis en fauteuil. Je parle de mon handicap parce que les trois autres artistes sont aussi membres de Vision sur l’art Québec, qui est un organisme à but non lucratif qui fait la promotion de personnes handicapées via toutes les formes d’art, dont les arts visuels. Et puis, ils organisent des expositions un peu partout dans la province, principalement dans la région de Montréal parce que le siège social y est. Ainsi, j’ai participé plusieurs fois avec les autres à des expositions avec des sculptures en petits formats », explique-t-il.

Certains des artistes membres de Vision sur l’art Québec vivent avec la neurodivergence comme Naghmeh Asadi, d’autres avec un handicap physique comme Luc Boyer. Comme l’organisme travaille à rendre les arts accessibles à tous, cela explique la participation d’artistes ayant des besoins particuliers dans le domaine des arts, notamment Marven Clerveau qui cherche à représenter des corps atypiques en résistance des standards de beauté et à promouvoir leur autonomisation et leurs droits d’existence, ou Lwanzo Dupuis qui exprime le désir « d’écrire » la musique en peinture abstraite et formelle.

L’exposition Ruptures et métamorphoses est présentée au public jusqu’au 25 janvier 2026 au centre d’exposition VOART de Val-d’Or. À noter que le VOART sera fermé les 24, 25, 26, 31 décembre 2025 et 1er, 2 janvier 2026.

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