Des élèves du club de photo de l’école La Source ont collaboré avec le Musée d’Art (MA) de Rouyn-Noranda le temps de trois ateliers artistiques, ce qui a mené à une exposition qui a lieu jusqu’au 10 janvier 2026. Avec les conseils des artistes photographes Alex Alisich et Christian Leduc, les élèves ont pu développer leur œil en photographie.
Partant d’une soumission de projet au ministère de la Culture pour l’appel de projets pour la santé mentale des jeunes de 12 à 18 ans, la photographie est rapidement devenue le médium principal des élèves. « Ça a émergé de l’idée qu’on peut se servir de la photographie pour parler des thématiques [de santé mentale]. C’est aussi parce que la photographie est un médium qui touche énormément les jeunes et qui est utilisé au quotidien », explique Barbara Beranek, conservatrice à l’éducation muséale au MA. C’était une démarche pour également aborder le fait que « grâce à la photographie et grâce à l’expression artistique, on est capable de se faire du bien mentalement. Pas forcément en traitant de la santé mentale en tant que telle, mais comment l’expression artistique peut aider à son ressenti, comment est-ce que ça fait du bien de créer. »
Trois ateliers créatifs avant tout
Avant d’en arriver à la création d’une exposition, les élèves du club de photo ont eu l’occasion de participer à trois ateliers sur la créativité et la photographie. « On a eu d’abord une première partie en salle de classe où on a eu cet atelier de médiation. Donc, l’idée est de leur présenter des photographes qui abordent des sujets de santé mentale via la photo. Par exemple, il y a [un photographe professionnel] qui documente la schizophrénie de son frère. À côté de ça, il y a d’autres artistes qui vont parler de leur anxiété, d’autres de dépression, etc. », raconte Barbara Beranek.
« Après ça, on a eu un atelier de lâcher-prise. Il y avait entre autres une activité de poésie par soustraction, et c’est ce qu’on retrouve sur les panneaux [de l’exposition]. On les envoie se promener dans l’école, ils explorent et prennent en photo les choses qui les captent, sans forcément avoir en tête l’idée de vouloir raconter quelque chose. Et puis, le dernier atelier, qui a pris toute une journée, c’était de mettre en images leurs idées, ce à quoi ils avaient réfléchi, et après de faire un peu de post-production en classe », poursuit-elle.
La photographie comme moyen d’expression
C’est la réalisation d’un travail d’école qui est maintenant amené dans l’œil du public, soit un contrat « gênant pour eux parce que c’est de montrer qui ils sont. Et ils sont assez exigeants, donc ils ont peur que ce ne soit pas à la hauteur. Ils n’avaient pas encore vu comment ça allait être présenté. Leurs photos sont magnifiques. Ils étaient quand même assez excités de savoir que ça allait être montré au public », confie Chantale Lafrance, enseignante en photographie à l’école La Source aux élèves de 4e secondaire et animatrice du club de photo de l’école. « Ils ont invité leurs amis et leur famille à venir voir l’exposition. C’est très valorisant pour eux. »
Une revalorisation du métier de photographe
L’atelier en classe était « intéressant parce que ça amenait un côté professionnel. Parce que moi, je suis une passionnée de photo, mais je n’ai pas la notoriété de photographe. Donc, avoir des invités, comme Alex Alisich et Christian Leduc, ça montre aussi que c’est possible de faire carrière là-dedans. Ça a beaucoup de répercussions, d’accueillir ces artistes-là en classe. En fait, la photographie est une forme d’art importante à présenter aux élèves parce qu’ils ont tous accès à un téléphone, ils font tous plein de selfies, mais il faut qu’ils découvrent combien ça peut être un beau moyen d’expression et pour apprendre à se connaître », conclut Chantale Lafrance.