La Maison du Soleil Levant lance le projet Bottes à cap qui permet de proposer à des personnes en situation d’itinérance une expérience rémunérée dans un milieu communautaire de Rouyn-Noranda.
« Le projet Bottes à cap est fait en collaboration avec la Maison du Soleil Levant, mais aussi avec Services Québec. Il a été créé pour la réinsertion sur le milieu du travail pour les personnes en situation d’itinérance », commence Phillip Dupuis, intervenant pour le projet Bottes à cap.
Un accompagnement durant six semaines
Une première cohorte a pris son envol le lundi 8 décembre 2025. Tout au long des six semaines que durera le programme, elle bénéficiera de l’accompagnement de Phillip Dupuis, qui ira sur les lieux de travail avec les usagers. « Je me déplace avec les participants dans les milieux de travail. Je peux observer les dynamiques, les comportements et d’autres choses. Aussi, au travers de ces semaines-là, je les rencontre en individuel. Il y aura également de la formation donnée par Services Québec », ajoute-t-il. « L’objectif est de les outiller pour qu’ils puissent retourner sur le marché du travail. »
Une motivation propre à chacun
Alors qu’on pourrait penser que l’attrait du gain pourrait représenter la plus grande source de motivation à s’impliquer dans le projet, ce n’est pourtant pas le cas. « Bottes à cap est un projet qui peut venir accrocher [les participants] parce que, pour un montant de 50 $ après un bloc de trois heures, ce sont des sous qui peuvent aider à manger, ou à se louer une chambre… [mais surtout], ça leur permet de reprendre le contrôle un peu sur leur vie, de voir qu’ils sont encore capables de travailler, d’accomplir des tâches, d’être fiers. Ça fait partie de mes objectifs de leur sortir un uniforme Bottes à cap [pour développer le sentiment d’appartenance] », explique-t-il.

L’objectif est d’outiller les participants pour qu’ils puissent retourner sur le marché du travail. (Photo : Le Citoyen – Joanie Dion)
Un projet populaire auprès des participants
La popularité du projet est peut-être le plus grand défi qu’il rencontre. « Les gens ont une curiosité, autant des deux côtés, autant ceux qui veulent qu’on vienne [travailler pour eux], autant que les participants. […] Il y a une frénésie par rapport à ça. Le plus dommage en ce moment, c’est que je n’ai pas assez de place pour rentrer tout le monde dans ma première cohorte. [Au moins], avec TAPAJ [un autre projet de réinsertion au milieu du travail de la Maison du Soleil Levant], ça fait que je pourrai passer par là pour créer ma deuxième cohorte. Il ne faut pas que les gens se découragent par rapport à ça. »
Des organismes fiers de s’impliquer
Bien que toutes les collaborations ne soient pas encore officielles au moment d’écrire ces lignes, les contrats qui ont déjà été signés avec des organismes collaborateurs témoignent de la fierté du milieu à contribuer au projet. « Bottes à cap est déjà intégré à un nouveau projet du Petit Théâtre du Vieux Noranda. Des particuliers et des entreprises ont aussi commencé à m’appeler. On a des tâches aussi à faire la Maison du Soleil Levant, ça va rentrer là-dedans également. […] Les choses se dessinent tranquillement. »
Un rappel sur la réalité de l’itinérance
Personne n’est à l’abri de l’itinérance. « On a tendance à passer dans la rue et à juger, mais on n’est pas à l’abri d’une situation comme ça parce que la vie peut tellement revirer vite. Le contexte économique actuellement est épouvantable, si en plus tu es célibataire à travers de ça, si en plus tu as un enfant à charge, si en plus tu attrapes une maladie et tu passes proche de mourir, si en plus tu vis une séparation… ça peut dégénérer assez vite. C’est ce qui me frappe le plus… ce sont des gens qui étaient aussi Monsieur-Madame-Tout-le-monde avant, mais que, pour x raisons, ils se sont retrouvés dans cette situation-là. C’est une situation de laquelle il n’est pas facile de se sortir », termine Phillip Dupuis.