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Le métier méconnu des chargés de cours

28 novembre 2025

par : Joanie Dion

photo : Les chargés de cours n'ont pas de bureau fixe comme les professeurs. Ils se déplacent fréquemment pour donner leurs cours. (Photo - depositphotos)

Tout en jumelant cette occupation à un second emploi, Isabelle Morasse a fait sa carrière comme chargée de cours à l’UQAT. Un métier contractuel « invisible » qui mérite d’être mis en lumière et revalorisé.

Plusieurs ne savent pas la différence entre un chargé de cours ou un professeur. Alors comment distinguer, en salle de classe, quel professionnel est devant soi? « Un chargé de cours, c’est un enseignant universitaire contractuel qui est engagé sur la base de son expertise souvent pointue et son expérience du terrain. La différence [d’avec les professeurs], c’est que nous ne sommes pas des employés permanents de l’UQAT. La plupart, nous avons un double emploi, un métier à côté », explique Isabelle Morasse, chargée de cours à l’UQAT en éducation et vice-présidente à la vie syndicale du Syndicat des chargés de cours.

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Mais encore, « les professeurs ne font pas qu’enseigner : ils sont chercheurs et sont gestionnaires de programmes » et sont affiliés à l’université où ils sont engagés. Tandis que les chargés de cours se déplacent d’une université à l’autre, généralement avec leur valise à roulettes les suivant, voyageant leur matériel avec eux, car ils n’ont pas de bureau assigné.

Comme c’est un métier très peu connu, il devient rare que quelqu’un soit d’emblée attiré à devenir chargé de cours. « C’est souvent accidentel. Habituellement, les gens se font solliciter par contacts pour leur expertise. » D’autres fois, c’est par la force des choses que le métier se présente à soi. « Comme moi, je m’enlignais pour être professeur, mais je ne voulais pas faire de doctorat. Régulièrement, comme étudiant, on se fait offrir d’être assistant. Moi, j’ai donné accidentellement un cours un été dans mon laboratoire de recherche parce que le professeur était absent. C’est là que ça a commencé! »

Pour Isabelle Morasse, les points positifs les plus marquants de son métier de travailleuse autonome contractuelle sont l’indépendance et la liberté, malgré l’insécurité d’emploi. « Quand tu es très efficace, très organisé et autonome, ça correspond à un profil de personne indépendante [et qui aime les défis]. » Qui plus est, la profession de chargé de cours permet une mise à jour constante des connaissances et des habiletés. « Comme carrière, ça permet de former des enseignants, mais aussi d’être moi-même enseignante. Environ tous les cinq ans, je vais faire des contrats et je reviens. [Ça me permet] de rester connectée au milieu. C’est plaisant de varier. »

En revanche, il ne faut pas espérer obtenir un titre professionnel officiel en pratiquant ce métier, car « il n’y en a pas. Il ne faut pas être à la recherche d’une reconnaissance ou d’un statut, parce que vous n’êtes pas dans la boîte [vous êtes contractuel]. » D’autant plus que la tolérance à la solitude serait un avantage parce que « si vous n’avez pas de second emploi, vous n’avez pas de collègue ». En effet, la tâche consiste à monter les cours et à enseigner, selon les clauses du contrat.

Le message qu’elle souhaite transmettre? « Si vous êtes dans un domaine dans lequel vous avez développé une expertise et que vous pensez que vous pouvez contribuer ici à l’UQAT (ou ailleurs), ça peut être intéressant d’aller donner votre CV à un département. […] Je pensais que je n’avais pas de carrière, mais à un moment donné j’ai compris que c’est ma ligne. Finalement, j’ai toujours ramené mon expérience dans mes cours et je me retrouve, après quelque 30 années, avec un fonds de pension comme avec une « vraie job ». […] C’est une carrière très enrichissante et stimulante. »

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