Bien que certains ressentent de l’inconfort face à la situation de l’itinérance au centre-ville de Val-d’Or, La Piaule rappelle que les personnes en situation d’itinérance et en précarité restent humaines. L’organisme offre un soutien continu à ces personnes qui portent, elles aussi, un vécu, souvent difficile.
La mission première de La Piaule de Val-d’Or est simple : offrir l’hébergement d’urgence et offrir des repas aux personnes en situation d’itinérance. Toutefois, l’organisme a développé des services connexes afin de soutenir et subvenir aux besoins de ceux qui veulent se sortir de la rue. Le Centre de jour a ouvert ses portes pour aider à cette initiative. De plus, un centre de débordement y a été mis en place au cas où toutes les places seraient comblées à La Piaule. La directrice adjointe de La Piaule, Anna Dagenais, explique que les services offerts présentement subviennent aux demandes : « À l’heure actuelle, personne ne dort dehors ou ne manque de nourriture. »
Pour ceux qui désirent sortir de la rue, le programme à deux niveaux, TAPAJ (travail adapté payé à la journée), est présent à Val-d’Or depuis un an et demi. Il offre des tâches diversifiées et des plateaux de travail de trois heures. Les personnes souhaitant suivre ce programme sont accompagnées par des intervenants, car l’objectif est principalement la réinsertion sociale par la découverte de soi, d’habilités et de forces. Finalement, il y a également le Château de Marie-Ève qui accueille les personnes en situation d’itinérance au sein de ses 41 unités. Le projet inclut un comité de sélection et a permis à 40 personnes de sortir de la rue pour y habiter.
L’entraide entre les organismes
Plusieurs organismes viennent en aide aux uns et aux autres pour offrir des services et des programmes aux personnes vulnérables et dans le besoin. Mme Dagenais se dit choyée de pouvoir travailler avec les autres organismes : « Nous avons des acteurs importants au niveau de l’itinérance. Tout le monde travaille de concert, ensemble. C’est vraiment précieux. » On y retrouve notamment la clinique TAO, le Centre d’Amitié autochtone, la clinique Pikatemps, le PPCMA (poste de police communautaire mixte autochtone) ainsi que les travailleurs de proximité. Chaque mercredi, les divers acteurs se regroupent pour discuter. Cette réunion favorise la collaboration entre les organismes du milieu et apporte un réel soutien au quotidien des personnes vulnérables, et également à celles à risque de ruptures sociales.
Se retrouver sans repère et sans domicile
La difficulté de se trouver un logement et la hausse du coût de la vie ont contribué à la hausse de l’itinérance. Plusieurs facteurs amènent une personne à être dans une situation de précarité ou d’itinérance. On compte d’ailleurs quatre types d’itinérance : situationnelle, cachée, cyclique et celle dite chronique. Parfois, l’accumulation fait en sorte qu’une personne perd tous ses repères. Certains se cachent et ne vont pas immédiatement chercher de l’aide auprès des organismes, d’où sort le phénomène du couch surfing. D’autres sont plus fragiles et réussissent à s’en sortir, pour plus tard pour retourner dans la rue pour des raisons quelconques. Finalement, il y a les personnes ayant vécu de l’abus et des traumatismes qui n’ont jamais été aidées ou soutenues. Ces gens ont tendance à s’automédicamenter et sur le long terme, leur santé mentale finit par en prendre un coup.
De petits gestes simples
Au sujet des préjugés qu’on entend sur l’itinérance, Mme Dagenais souligne : « Ce n’est pas une question de lâcheté [de ne pas être en mesure de travailler], mais bien une question de facteurs traumatiques, de santé mentale précaire qui font que les gens peuvent se retrouver à la rue […] On parle de faire la distinction entre la délinquance et l’itinérance. Itinérance n’égale pas délinquance. » Selon elle, la distinction entre les deux doit être faite. Pour contrer l’inconfort de la population, elle propose de venir normaliser la journée des plus vulnérables par des salutations. Elle termine en soulignant que « pas grand-chose pour eux, ça vaut de l’or. Un sourire ou un regard au lieu de l’évitement. Prendre deux minutes pour dire bonjour peut mener une discussion qu’on ne s’imagine pas avoir sur un coin de rue. Ça, c’est un beau moment de vie. »
Parfois, la vie fait en sorte qu’une situation devient rapidement incontrôlable. Que ce soit la hausse du coût de la vie ou une rupture amoureuse, personne n’est à l’abri de tout perdre en un claquement de doigts. Plusieurs programmes sont mis en place pour subvenir aux besoins des personnes en situation d’itinérance et en précarité. Les citoyens peuvent aussi aider, et ce, avec une bonne volonté et un simple geste. La population est invitée à poser ses questions aux acteurs du milieu.
Pour en savoir plus sur le sujet, consultez « L’itinérance à Val-d’Or – Comprendre pour mieux agir : La Piaule », par la Ville de Val-d’Or au lien suivant : https://ville.valdor.qc.ca/itinerance.