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Deux chiens, un traîneau et du lait… Une recette payante pour Cécile Cantin

26 novembre 2025

par : Sébastien Tessier, archiviste-coordonnateur à Bibliothèque et Archives nationales du Québec

photo : Archives nationales à Rouyn-Noranda, fonds Fonderie Horne, série Vavasour & Dick

En route vers le 100e anniversaire de la ville de Rouyn-Noranda l’an prochain, on profite de l’occasion pour vous faire découvrir ou redécouvrir des photos conservées par Bibliothèque et Archives nationales du Québec à Rouyn-Noranda et l’histoire qui les accompagne.

Dans le Rouyn des années 1920, la vie d’une femme célibataire n’est pas une sinécure. Outre institutrice, il y a très peu de professions légitimes pour les dames. Ça prend une bonne dose d’imagination et de débrouillardise pour survivre à cette époque. C’est ce dont fait preuve Cécile Cantin lorsqu’elle attelle ses deux gros chiens et décide de se lancer dans le commerce du transport et de la livraison. Depuis ce jour, elle est connue comme étant la première laitière de Rouyn.

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Arrivée dans le Far West rouynorandien vers 1927, Mlle Cantin est issue d’une famille qui habitait l’État du Rhode Island, aux États-Unis. Je n’ai pas réussi à mettre le doigt sur le pourquoi ni avec qui elle arrive à Rouyn, mais j’ai découvert dans les bottins téléphoniques de la fin des années 1930 qu’un Pierre Cantin habite sur la rue Gamble. Coïncidence ou pas, le père de la jeune laitière s’appelle également Pierre. S’agit-il du même Pierre? On ne le sait pas, mais ça laisse présager qu’elle serait venue s’installer à Rouyn avec ses parents. Si tel est le cas, à 21 ans, elle doit gagner sa vie par elle-même.

Archives nationales à Rouyn-Noranda, collection Société d’histoire de Rouyn-Noranda

Pour ce faire, elle sillonne les rues à bord de sa charrette à traction canine pour livrer le lait à domicile. C’est la façon de faire de l’époque. Ça permet aux familles qui n’ont pas de réfrigérateur d’avoir du lait frais tous les jours. Plusieurs produits essentiels sont également livrés de porte en porte, dont le journal, le pain, l’eau potable, le bois de chauffage et la glace. Les plus vieux se souviennent tous de la glacière Pélissier qui s’approvisionnait dans le lac Noranda.

Outre la livraison du lait, Cécile Cantin assure également le transport d’individus à l’aide de ses chiens. Les habitants des villes sœurs peuvent compter sur ses services été comme hiver. Elle a une charrette avec des roues pour l’été et un traîneau pour voyager sur la neige l’hiver. Selon l’annotation derrière la photo d’Hubert Vavasour, elle aurait offert ce service pendant une dizaine d’années.

Les chiens ont une grande importance dans les débuts de Rouyn-Noranda. Avant l’arrivée du train et des voitures, ils offrent un moyen de transport essentiel durant la période hivernale. On voit très souvent des attelages de chiens sur les photos les plus anciennes de la ville.

Archives nationales à Rouyn-Noranda, collection Société d’histoire de Rouyn-Noranda

Toutefois, en 1929, les chiens perdent la cote. Trop nombreux en liberté dans les rues de la ville, ils dérangent la population. Les autorités demandent aux propriétaires de chien de les enregistrer et de leur faire porter une médaille. Le journal The Rouyn News du 26 janvier 1929 mentionne que la police locale a entamé son grand ménage canin. Plus de 25 chiens sont enfermés dans les cellules du poste de police en attente de leurs maîtres. Ces derniers ont 48 heures pour les réclamer, sinon ils seront tués. Comme le disait René Lecavalier, ou pas, les gens ne niaisaient pas avec la puck à l’époque!

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