Élu à la mairie de Val-d’Or par une mince avance de 58 voix le 2 novembre dernier, Serge Allard a vécu une soirée électorale « palpitante et excitante ».
Jusqu’à la toute fin, le résultat demeurait incertain. « Les résultats arrivaient lentement, boîte par boîte. On a su vers 23 h 30 que c’était finalement fait », raconte celui qui succède à Céline Brindamour.
L’entrepreneur et comptable de formation a été assermenté ce vendredi, tournant ainsi une nouvelle page de son parcours professionnel. « Les conseillers et conseillères élus par acclamation ont déjà prêté serment. Je vais rencontrer les directeurs de services pour me familiariser avec la structure municipale avant d’entrer dans le vif du sujet », précise le nouveau maire, qui aborde ses nouvelles fonctions avec énergie et pragmatisme. Soucieux d’assurer une transition efficace, il souhaite rapidement établir un dialogue constructif avec l’appareil municipal pour amorcer les premiers chantiers de son mandat.
Parmi les priorités de son mandat, le logement arrive en tête de liste. « On parle beaucoup de construction, mais trop peu de logements abordables. C’est un problème généralisé au Québec, et Val-d’Or n’y échappe pas. » Il souhaite notamment que la Ville puisse obtenir une part des redevances minières versées à Québec pour financer ses infrastructures et soutenir la création de logements accessibles.
La question de l’itinérance et du sentiment de sécurité au centre-ville figure aussi parmi les urgences à traiter. « On va s’y attaquer rapidement avec la Sûreté du Québec, La Piaule, Centraide, la Mission autochtone et le CISSS. C’est un enjeu collectif, pas seulement municipal. »
Serge Allard évoque également deux projets plus structurants : la création d’un centre pour les jeunes de 16 à 30 ans, inspiré du modèle du Méga Centre de Rouyn-Noranda, et une révision des règlements municipaux afin d’apporter davantage de flexibilité dans la construction domiciliaire, commerciale et industrielle.
Fort de 45 ans d’expérience dans le milieu des affaires, il entend mettre à profit son réseau et sa connaissance du terrain. « Je connais bien les entrepreneurs et leurs défis. La Ville ne peut pas tout faire, mais elle peut créer un climat d’ouverture et de collaboration. »
Le nouveau maire se dit aussi préoccupé par le phénomène du navettage, qui fragilise la vitalité démographique. « Beaucoup viennent travailler ici sans s’y établir. Ils utilisent nos services, mais paient leurs taxes ailleurs. Pendant ce temps, la population stagne, et cela affaiblit notre poids à Québec. »
Conscient des pressions exercées sur les services publics et les infrastructures régionales, il souhaite que Val-d’Or prenne toute sa place dans les discussions nationales. « Quand une région perd de la population, elle perd aussi de son influence politique. C’est une des principales raisons qui m’ont poussé à faire le saut en politique », conclut le nouveau maire.