L’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) obtient une chaire internationale en diplomatie scientifique autochtone.
L’UQAT a obtenu l’une des sept nouvelles chaires en diplomatie scientifique annoncées par le Fonds de recherche du Québec (FRQ). Ce programme vise à renforcer le positionnement du Québec en structurant le développement des connaissances autour de thèmes prioritaires situés à l’interface de la diplomatie et de la science. La création de la chaire internationale en diplomatie scientifique autochtone réaffirme la position de l’UQAT comme pôle d’excellence en études autochtones. Fruit d’une collaboration entre le Québec et l’Afrique du Sud, la Chaire sera codirigée par Hugo Asselin, professeur titulaire à l’École d’études autochtones de l’UQAT, et Ereck Chakauya, membre du Council for Scientific and Industrial Research (CSIR).
Une chaire d’envergure
La diplomatie scientifique désigne les interactions entre la science et les intérêts politiques dans un contexte international. Elle vise à éclairer la prise de décision grâce à des connaissances fondées sur la recherche. Cette nouvelle chaire a été créée en réponse à un appel en faveur d’une diplomatie scientifique alternative, qui reconnaît les peuples autochtones comme des partenaires essentiels pour relever les défis mondiaux. Elle contribuera à bâtir des ponts entre les savoirs et à renforcer la collaboration entre les nations.
« Nous sommes très heureux d’accueillir cette chaire d’envergure à l’UQAT, qui nous permettra d’aborder les réalités autochtones sous un angle différent et de mettre en valeur nos collaborations avec les communautés et les organisations autochtones pour trouver des solutions novatrices à des défis mondiaux », souligne Hugo Asselin, cotitulaire de la Chaire.
« Les peuples autochtones détiennent des systèmes de connaissances riches et diversifiés, transmis de génération en génération. Ces savoirs, qui touchent à des domaines tels que les relations diplomatiques entre nations, la gestion des territoires et la santé, offrent une compréhension unique des enjeux environnementaux et sociaux. Les travaux de la Chaire s’articuleront autour de trois grands axes de recherche porteurs », mentionne l’UQAT par voie de communiqué.
Les trois axes
Le premier axe, qui est la négociation et les retombées d'ententes internationales, visera à mieux comprendre la participation et l’influence des délégués autochtones dans les négociations diplomatiques ainsi qu’à évaluer les retombées des ententes internationales sur le bien-être des peuples autochtones.
Avec l’axe de recherche portant sur la préparation aux incendies forestiers et autres perturbations environnementales, la Chaire évaluera la vulnérabilité des communautés autochtones aux incendies forestiers, en plus de déterminer comment les connaissances et les pratiques autochtones peuvent contribuer à améliorer les politiques publiques en matière de préparation aux perturbations environnementales.

Sébastien Brodeur-Girard (Photo gracieuseté UQAT)
Finalement, le troisième axe, soit la prise en compte des droits et des pratiques autochtones dans les systèmes de santé, examinera la reconnaissance des droits, notamment ceux des femmes autochtones, et documentera les connaissances et les pratiques autochtones en santé, dans une perspective de justice reproductive et de sécurisation culturelle des soins.
Les professeurs Suzy Basile et Sébastien Brodeur-Girard de l’École d’études autochtones de l’UQAT prendront part aux recherches, de même que Sechaba Bareetseng, membre du CSIR. Les travaux de la Chaire permettront de formuler des recommandations et d’éclairer la prise de décision aux niveaux national et international. Ils contribueront également aux efforts internationaux visant à promouvoir et à accélérer l’adoption de pratiques efficaces, tout en identifiant les défis qui demeurent à résoudre.

Suzy Basile (Photo gracieuseté UQAT)
La Chaire est soutenue financièrement par le FRQ à raison de 50 000 $ par année pendant cinq ans. L’UQAT poursuit par ailleurs la recherche de nouveaux partenariats afin d’en assurer le développement et la pérennité. La Chaire peut déjà compter sur l’appui de plusieurs partenaires, dont la Fondation de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, le CSIR et Science Diplomacy Capital for Africa.