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Mines

Les mines à l’heure de l’intelligence artificielle

Par : Ange Major

Chez Agnico Eagle, le suivi en temps réel est déjà en place, alors que la foreuse d’exploration automatisée et le tri du minerai assisté par l’IA sont encore en développement.

CIO_Complexe minier LaRonde
Au Centre intégré des opérations de LaRonde, les activités minières sont suivies en temps réel.
(Photo : Gracieuseté - Magali Desjardins)

Au Centre intégré des opérations du complexe minier LaRonde, le sautage, le transport du minerai, le forage de production et le concassage sont suivis en temps réel. Les données recueillies soutiennent les équipes lorsqu’elles analysent une situation et cherchent des solutions optimales à différentes étapes de la chaîne minière.

Cette réalité offre un premier aperçu de la place que prend l’intelligence artificielle dans les opérations minières. « Agnico Eagle intègre progressivement l’intelligence artificielle et les technologies numériques dans ses opérations minières », explique Magali Desjardins, gestionnaire principale, communications et relations avec le milieu chez Agnico Eagle. Loin de transformer les mines en installations entièrement autonomes, elle s’intègre peu à peu aux activités quotidiennes, là où les données permettent aux équipes de mieux comprendre les opérations et de prendre des décisions éclairées.

L’entreprise utilise déjà des outils d’analyse de données et développe des projets plus avancés en forage, en traitement du minerai, en géologie ainsi qu’en santé et sécurité. La distinction entre ce qui existe et ce qui se prépare demeure toutefois importante. Le suivi des activités et l’analyse de données sont déjà en place, tandis que plusieurs applications d’intelligence artificielle sont encore évaluées.

En exploration, Agnico Eagle travaille notamment au développement d’une foreuse automatisée jumelée à la numérisation des carottes de forage. Le projet vise à faciliter une tâche traditionnellement exigeante sur le plan physique, tout en améliorant la collecte de données et l’analyse des roches. La technologie ne doit toutefois pas remplacer les spécialistes qui interprètent ces informations. Elle doit plutôt appuyer le travail des équipes d’exploration et de géologie, « sans remplacer leur jugement professionnel », précise Magali Desjardins.

Cette limite est importante dans une industrie où les décisions reposent sur des données, mais aussi sur l’expérience des personnes qui connaissent le terrain et les équipements. Dans l’approche d’Agnico Eagle, l’intelligence artificielle est considérée comme une aide à la décision, et non comme une autorité indépendante.

Une autre application envisagée concerne le traitement du minerai. L’entreprise s’intéresse au tri du minerai, qui combine des technologies de détection avancées à un système de contrôle utilisant l’intelligence artificielle. Celui-ci pourrait distinguer la roche stérile du minerai acheminé vers l’usine.

Une meilleure sélection de la matière envoyée au traitement pourrait contribuer à optimiser les procédés, l’utilisation des infrastructures, la consommation d’énergie et la récupération des métaux. La part exacte de la décision qui serait automatisée n’est toutefois pas précisée, pas plus que le fonctionnement détaillé du système.

Pour l’instant, ce projet n’est pas présenté comme une solution déjà généralisée dans les opérations. Le même constat s’applique au volet de la santé et de la sécurité, que l’entreprise cite parmi les secteurs en développement, sans détailler d’application déjà utilisée au quotidien.

Agnico Eagle ne fournit pas non plus de bilan chiffré concernant les arrêts évités, les coûts réduits, la consommation d’énergie ou la récupération des métaux. L’entreprise insiste plutôt sur une évaluation progressive des projets. Une technologie ne sera déployée plus largement que si elle démontre une valeur réelle pour les équipes et les opérations.

Cette prudence s’explique par les défis liés à l’implantation de ces outils. Les données provenant de différents systèmes doivent pouvoir être intégrées, la cybersécurité doit être assurée et les équipes doivent être formées. Avant de faire confiance à une recommandation produite par l’IA, les résultats doivent donc être testés, validés et supervisés par des experts. La responsabilité ne disparaît pas derrière l’écran : elle demeure entre les mains des personnes qui prennent les décisions.

Dans les mines d’Agnico Eagle, l’intelligence artificielle se trouve ainsi à plusieurs étapes de la chaîne, mais pas encore au bout du processus décisionnel. Elle soutient déjà l’analyse des opérations, pourrait alléger certaines tâches d’exploration et cherche à améliorer le traitement du minerai.

Avant de prendre davantage de place, elle devra toutefois prouver qu’elle répond à un besoin réel. Pour l’instant, elle peut traiter davantage de données ; le dernier mot reste aux équipes qui connaissent les opérations.

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