Les adolescents réclament une plus grande place dans les décisions
Par : Ricardo Junior Emmanuel
C’est ce qui ressort dans un sondage réalisé auprès des jeunes fréquentant les maisons des jeunes (MDJ) par le Regroupement des maisons des jeunes du Québec (RMJQ), dont 8 MDJ de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec font partie.
Les résultats montrent que les jeunes ne souhaitent pas simplement être consultés, ils veulent avoir une réelle place dans les décisions qui façonnent leur quotidien et leur avenir. C’est l’un des principaux constats dévoilés par le Regroupement des maisons des jeunes du Québec (RMJQ) à l’occasion de la 29e Semaine des maisons des jeunes, qui se déroule du 12 au 18 octobre sous le thème ACTION ! Ados, acteurs et actrices de société.
Près de quatre jeunes sondés sur dix estiment être peu ou pas suffisamment écoutés par les adultes et les élus. À l’occasion de la Semaine des maisons des jeunes, les organismes de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec invitent les décideurs à aller directement à leur rencontre.
De plus, 41,3 % des répondants considèrent que les adultes et les élus les écoutent peu, pas vraiment ou pas du tout. Lorsqu’on leur demande comment les décideurs pourraient se rapprocher d’eux, les adolescents privilégient notamment des rencontres directement dans les maisons des jeunes.
« Même s’ils n’ont pas encore le droit de vote, les ados ne sont pas seulement les citoyens de demain, ils sont des acteurs et actrices de notre société, directement concernés par les décisions prises aujourd’hui », soutient Nicholas Legault, directeur général du RMJQ.
Pour l’organisme, les élus sont donc appelés non seulement à consulter les adolescents, mais à tenir compte de leur parole dans les décisions qui les concernent.
Santé mentale, intimidation et éducation
Les préoccupations exprimées touchent directement le quotidien des adolescents. La santé mentale arrive au premier rang des priorités mentionnées, à 48,6 %, devant l’intimidation et la cyberintimidation, à 34,5 %, et l’éducation, à 32,4 %.
Dans leurs réponses ouvertes, les jeunes réclament notamment davantage de ressources en santé mentale, plus d’actions contre l’intimidation, une école davantage adaptée à leur réalité, plus d’espaces où se rassembler et un meilleur soutien aux maisons des jeunes.
Au-delà de ces enjeux, le sondage fait aussi ressortir leur volonté d’être considérés comme des personnes capables de contribuer aux débats et aux décisions qui ont une incidence sur leur vie.
Les maisons des jeunes comme lieux d’implication
Les résultats présentés par le RMJQ mettent également en évidence le rôle des maisons des jeunes dans la participation citoyenne. Plus de neuf répondants sur dix, soit 92,5 %, affirment que leur MDJ les aide à exprimer leur opinion. Ils sont également 90,5 % à dire qu’elle contribue au développement de leur confiance et 88,4 % qu’elle les aide à s’impliquer dans leur milieu ou leur communauté.
Par ailleurs, 87 % des répondants estiment que leur maison des jeunes les aide à mieux comprendre ce qui se passe dans la société, tandis que 95,2 % indiquent qu’elle contribue à leur apprendre à respecter les opinions différentes.
Cette participation peut notamment prendre la forme d’une implication dans la programmation des activités, l’organisation d’événements et de projets ou encore la prise de décisions au sein de leur maison des jeunes. Certains peuvent également siéger à son conseil d’administration.
Le RMJQ regroupe plus de 250 maisons des jeunes représentant près de 340 milieux de vie au Québec. Les établissements accueillent principalement des adolescents de 12 à 17 ans et visent notamment à favoriser leur participation citoyenne.