Une lutte invisible au quotidien pour les personnes traumatisées crâniennes
Par : Ricardo Junior Emmanuel
À l’occasion de la 23e Semaine québécoise du traumatisme craniocérébral, qui se déroule du 15 au 21 octobre, Le Pilier souhaite sensibiliser la population à la réalité souvent méconnue des personnes vivant avec un traumatisme craniocérébral (TCC).
Pour cette année, le thème La Lutte a été choisi pour illustrer le parcours des personnes ayant subi un TCC. « On voulait avoir quelque chose qui a un impact qu’on pouvait présenter comme la lutte dans la vraie vie », précise Karine Lucas, directrice générale du Pilier, Association des traumatisés crâniens de l’Abitibi-Témiscamingue.
La campagne vise avant tout à mieux faire comprendre les conséquences parfois invisibles de cette blessure. Elle cherche à informer la population sur les impacts du TCC tant pour les personnes touchées que pour leurs proches. « Le traumatisme crânien, c’est un accident qui peut arriver à tout le monde. Ensuite, la personne doit mener une lutte quotidienne dans sa réadaptation et souvent pendant le reste de sa vie », explique-t-elle.

Le traumatisme craniocérébral demeure une réalité peu visible auprès de la communauté. C’est un accident imprévisible de la vie. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
L’organisme fait partie de Connexion TCC.QC, un regroupement provincial qui réunit 13 associations à travers le Québec. En 2019, plus de 45 000 Québécois et Québécoises ont consulté pour un TCC léger, un nombre en constante augmentation depuis 2008. Près de 6000 personnes ont été admises dans le réseau québécois de traumatologie entre 2013 et 2016.
En Abitibi-Témiscamingue, Le Pilier accompagne en moyenne environ 200 personnes par année. Toutefois, l’organisme estime que le nombre réel de personnes vivant avec un traumatisme craniocérébral est beaucoup plus élevé.

Le Pilier est un organisme communautaire qui vient en aide aux personnes ayant subi un traumatisme craniocérébral ainsi qu’à leurs proches. (Crédit Photo : Photo Facebook)
Les conséquences peuvent être nombreuses : pertes de mémoire, difficultés de concentration, problèmes d’équilibre, sensibilité à la lumière, anxiété, dépression ou impulsivité. Comme plusieurs de ces séquelles sont invisibles, elles demeurent souvent mal comprises par le public. « Le traumatisme craniocérébral est un handicap invisible. On ne le voit pas nécessairement de l’extérieur, mais les personnes le vivent au quotidien », souligne Karine Lucas. Chaque année, ces réalités touchent des milliers de gens.
Cette méconnaissance peut parfois entraîner des jugements ou de l’exclusion sociale. La directrice générale estime qu’une meilleure compréhension favoriserait davantage d’ouverture et de bienveillance envers les personnes touchées.
Un balado pour raconter la réalité du TCC
Pour rejoindre un plus large public cette année, Le Pilier lancera un nouveau balado intitulé La face cachée du TCC : mettre en lumière la réalité du TCC. Diffusée à compter du 15 octobre sur les réseaux sociaux de l’organisme et sur YouTube, la série comprendra un épisode par jour pendant toute la semaine de sensibilisation. Des personnes ayant subi un traumatisme craniocérébral, leurs proches et différents partenaires y partageront leurs expériences.
L’organisme prévoit également diverses activités de visibilité à travers la région ainsi qu’un kiosque d’information au Chalet récréatif de Val-d’Or le 17 octobre.
Faire connaître les ressources disponibles
Au-delà de la sensibilisation, l’objectif demeure de rejoindre les personnes qui vivent avec un TCC sans connaître les services offerts. « On veut que les gens nous connaissent, qu’ils viennent nous voir et qu’ils demandent l’aide dont ils ont besoin », affirme Karine Lucas. « Si des personnes nous découvrent grâce à cette semaine et trouvent du soutien, l’objectif sera atteint. »
Rappelons que le TCC est ainsi présenté comme une vraie lutte au quotidien, portée par le courage, la résilience et la détermination des personnes touchées et de leurs proches.
Le Pilier célèbre par ailleurs son 30e anniversaire cette année et poursuivra diverses activités commémoratives au cours des prochains mois.