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Environnement

Des dortoirs pour aider les chauves-souris de la région

Par : Joanie Dion

Le Conseil régional de l’environnement de l’Abitibi-Témiscamingue (CREAT), dans le cadre de son projet Sur les traces des chauves-souris de l’Abitibi-Témiscamingue, animera une activité de création de dortoirs à chauves-souris le 10 octobre. Alors que l’événement affiche complet, Laurianne Lamontagne, chargée de projets pour le CREAT, explique les besoins de ces animaux et leurs rôles dans l’écosystème régional.

Laurianne Lamontagne du CREAT @Gracieuseté CREAT
Laurianne Lamontagne du CREAT
(Photo : Gracieuseté du CREAT)

En fait, sur les sept espèces présentes en région, trois sont menacées d’extinction, et six un statut précaire, c’est-à-dire « qui ont eu des déclins de population, qui ont des statuts de menacées ou vulnérables », selon les propos de Laurianne Lamontagne. Ce qui fragilise leur survie ? « Il y a trois espèces qui sont menacées à cause du [syndrome du] museau blanc, surtout. Mais ce sont des animaux qui sont peu étudiés et peu connus, si on les compare à d’autres, parce qu’ils vivent la nuit, peut-être, ou ils ont mauvaise réputation, ou on les côtoie moins », spécifie-t-elle.

D’autant plus que la perte d’habitats naturels, comme les gros arbres et les parois rocheuses avec cavités, engendre des difficultés aux chauves-souris pour trouver des gîtes. « Les dortoirs, ça peut offrir un gîte artificiel, donc ça peut remplacer un gîte qu’on trouvait dans la nature, [même si] c’est toujours mieux de prioriser les gîtes naturels. Mais on peut ajouter de l’offre en ajoutant des gîtes », explique Mme Lamontagne.

Ces dortoirs sont dotés de « chambres » représentant des espaces où les températures intérieures évoluent et offrent des endroits plus ou moins chauds, selon les besoins du moment. C’est un lieu qui devient un refuge pour les maternités ou le repos lors des périodes de migration. Au bout de quelques années, le dortoir peut également devenir un endroit reconnu des chauves-souris et sécuritaire.

dortoir à chauves-souris CREAT

Un dortoir à chauves-souris. (Photo : Gracieuseté du CREAT)

« On reçoit des signalements [pour la présence de chauves-souris]. On en a reçu un de gens qui avaient des dortoirs dans lesquels il y avait des colonies. Il y en a une qui avait 70 individus. […] Donc, oui, ça peut faire une différence. Ces gens-là, ça faisait 10 ans qu’ils avaient des dortoirs qui étaient occupés. [On remarque ainsi que] les chauves-souris l’ont adopté, finalement, et qu’elles reviennent », raconte-t-elle.

De cette manière, même si l’installation d’une chauve-souris dans un dortoir peut prendre quelques années, le temps qu’elle le trouve et l’adopte, une réelle différence dans leurs habitudes se remarque. Mais le choix de l’endroit où poser un dortoir est à prendre au sérieux. « Il faut qu’il y ait des populations d’insectes, parce qu’elles sortent la nuit pour chasser, pour se nourrir. […] Il faut aussi qu’il y ait un point d’eau à proximité », spécifie Mme Lamontagne. Ainsi, l’idéal serait d’opter pour le terrain d’un chalet ou d’un campement de chasse, notamment, plutôt qu’une cour en ville pour en poser un.

« Malgré qu’on adore les chauves-souris, ça reste des animaux sauvages et il ne faut pas avoir de contact direct avec : il ne faut pas les toucher avec nos mains. Si ça arrive, il faut contacter le 811, qui vont évaluer la situation. Ça se peut qu’ils recommandent de se faire vacciner en prévention contre la rage », met en garde Laurianne Lamontagne.

dortoir à chauves-souris CREAT

Un dortoir à chauves-souris. (Photo : Gracieuseté du CREAT)

De nombreuses astuces sur la construction d’un dortoir à chauves-souris et sur son entretien sont disponibles en ligne. Pour ceux qui observent la présence de cet animal quelque part, il est possible de la signaler au CREAT pour identification et observation au https://www.creat08.ca/sauvez-les-chauves-souris.

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