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Politique

Rouyn-Noranda-Témiscamingue : Une circonscription baromètre?

Par : En collaboration avec les étudiants de Martin Baron, professeur au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue

Perçue régulièrement comme une circonscription baromètre lors des élections provinciales, Rouyn-Noranda–Témiscamingue élira-t-elle encore un.e député.e qui formera le prochain gouvernement ? Des étudiants du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue sont allés à la rencontre de cinq candidats pour découvrir leurs principaux engagements.

Vincent Thériault, Béatrice Déry, Phoebe Allen, Delphine Tanguay et Annabelle Voyer
En partant de la gauche : Vincent Thériault, Béatrice Déry, Phoebe Allen, Delphine Tanguay et Annabelle Voyer
(Photo : Gracieuseté)

Béatrice Déry, une femme de terrain

Ayant grandi à Rouyn-Noranda, Béatrice Déry est titulaire d’un baccalauréat en administration des affaires, et œuvrait jusqu’à tout récemment comme directrice des communications et attachée de presse au sein d’un cabinet ministériel. Elle se présente pour l’équipe Christine Fréchette, Coalition avenir Québec. D’abord, elle s’engage à être « une fille de terrain, sur qui on peut compter pour être une voix forte pour représenter les enjeux de la région à Québec ». Elle insiste particulièrement pour défendre des dossiers, comme l’industrie forestière ou pour l’économie de la région. Elle tient à informer ses électeurs qu’elle n’hésitera pas à venir à la rencontre de ceux-ci. Elle se qualifie également comme une femme d’influence. « Mon grand engagement, si je peux le résumer, c’est de toucher à plusieurs dossiers. C’est ce que je peux promettre aux gens de l’Abitibi-Témiscamingue. »

Elle se dit également soucieuse des plus jeunes électeurs. S’adressant à de jeunes cégépiens lors d’un entretien, elle précise : « Je crois vraiment qu’il faut vous intéresser davantage, l’un d’entre vous avait mentionné plus tôt que la politique s’intéresse à tout le monde, mais ce n’est pas tout le monde qui se sent intéressé non plus. » Elle souhaite parler plus ouvertement de politique, par les médias ou sur le terrain, et aller à la rencontre des jeunes pour les intéresser avec des engagements les concernant directement. Elle termine en disant : « Je souhaite offrir un avenir aux jeunes. »

Béatrice Doyon, Emma Rochette, Leanne Loney, Jacob Poirier

De gauche à droite : Béatrice Doyon, Emma Rochette, Leanne Loney, Jacob Poirier (Photo : Annie Ross)

Une nouvelle voix pour le Parti libéral : Léanne Loney

Leanne Loney, la candidate du PLQ qui est enseignante au primaire de carrière, souhaite améliorer le sort des aînés si elle est élue le 5 octobre prochain. « Dans environ 5 ans, 25 % de la population sera composée d’aînés. Donc le Parti libéral va faire en sorte que ceux-ci puissent rester plus longtemps dans leurs maisons grâce aux soins à domiciles ». L’observatoire de l’Abitibi-Témiscamingue évalue d’ailleurs qu’il y aura 8400 personnes âgées de plus d’ici 2041, confirmant ainsi que le vieillissement de la population constitue un enjeu important dans la région.

La candidate libérale reconnaît également que l’accessibilité aux soins de santé en région est difficile, notamment pour les médecins spécialistes. Parlant de son expérience personnelle dans le système de santé, elle explique que « c’est difficile ici pour ceux qui n’ont pas de médecin de famille et qui doivent aller à l’urgence ». Elle cite l’exemple de son mari qui a dû se déplacer à Montréal à grands frais pour une consultation avec un spécialiste qui aurait pu être réalisée par téléphone. Cela rejoint la proposition du Parti libéral d’augmenter l’utilisation de la télémédecine pour améliorer l’efficacité des soins. Comme le dit Mme Loney, « dès qu’on est dans l’hôpital, les services sont super bien […] mais pour avoir accès à ça, c’est trop long. » L’outil de consultation médicale téléphonique pourrait éventuellement diminuer les taux d’hospitalisation en Abitibi-Témiscamingue qui sont parmi les plus élevés au Québec.

Diane Dallaire et des étudiants du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue | Élections 2026

Diane Dallaire effectue une entrevue avec des étudiants en sciences humaines du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue (Photo : Danielle Roy)

Diane Dallaire veut continuer de s’impliquer

Après avoir exercé pendant huit ans les responsabilités de mairesse de Rouyn-Noranda, de 2017 à 2025, Diane Dallaire dit qu’elle « connaît parfaitement le fonctionnement du gouvernement ». La candidate du Parti québécois se dit confiante et mise sur « ses contacts établis un peu partout ». Elle poursuit en disant « connaître tout de nos défis en détail et concrètement ». Elle souligne son expérience et sa connaissance des enjeux locaux. De plus, elle a déjà travaillé sur plusieurs dossiers et enjeux régionaux, ce qui peut lui « donner une certaine avance sur les autres candidats ».

Elle souligne également son engagement envers les besoins de la population. Diane Dallaire dit que son engagement est « de prendre des décisions basées sur ce dont les citoyens ont besoin ». « Quoi de mieux que ce soient nos gens d’ici qui soient consultés, nos ministères régionaux qui aient plus de marge de manœuvre, ou de pouvoir, pour prendre des décisions qui répondent à nos besoins. » Elle mentionne à titre d’exemple le transport public gratuit implanté à Rouyn-Noranda lorsqu’elle était mairesse, et qui répond à un besoin réel. Elle souligne qu’elle veut poursuivre son engagement en répondant aux demandes et aux priorités de la population. « J’ai encore cette motivation-là à essayer de changer les choses pour notre région, et plus particulièrement dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue. »

David Enchill, Francis Lapointe, Norah Cartier, Alexis Rheault, Anthony Bellavance

David Enchill, Francis Lapointe, Norah Cartier, Alexis Rheault, Anthony Bellavance (Photo : David Enchill)

Francis Lapointe, un candidat qui mise sur la baisse des taxes

Candidat du Parti conservateur dans la circonscription de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Francis Lapointe est un ancien militaire, et il est aujourd’hui gestionnaire dans l’industrie minière. M. Lapointe explique que son objectif ultime est de diminuer le coût de la vie des citoyens du Québec, notamment en baissant les taxes afin de réduire certains prix, comme ceux de l’essence et des logements. Il explique qu’il souhaite réduire les taxes sur l’essence, puisque son prix est particulièrement élevé, surtout pour le diesel. Cette hausse affecte une grande partie de la population, car les propriétaires de gros camions qui transportent des produits jusqu’à notre région doivent payer davantage pour se déplacer. Il dit : « baisser les taxes en mettant de l’argent dans les poches des contribuables, va nous aider avec le coût de la vie. »

Par ailleurs, Francis Lapointe considère que l’immigration n’est pas une véritable juridiction provinciale. « Moi, je dis que ça serait aux régions de décider et ce n’est pas au provincial de prendre les décisions […] Certaines régions ont besoin de plus d’immigrants, certaines régions moins. » Il dit : « Les régions connaissent plus leurs besoins que le gouvernement provincial. » Il termine en émettant une hypothèse : « Peut-être que s’il y avait un ajustement, l’économie serait mieux. »

Nicolas Vigneault, Charlie Cloutier, France Marrion et Charles Brochu dans le local électoral de Québec solidaire

Nicolas Vigneault, Charlie Cloutier, France Marion et Charles Brochu dans le local électoral de Québec solidaire (Photo : Gracieuseté de QS)

Les enjeux qui retiennent l’attention de France Marion

Ancienne mairesse de Latulipe et enseignante au primaire, France Marion se présente sous la bannière de Québec solidaire avec l’idée de miser sur le futur et le bien-être des nouvelles générations. Elle explique que le fait d’être nouvellement grand-mère l’a aidée à se lancer dans l’aventure.

France Marion déplore que « l’accès à la santé soit difficile présentement autant en région qu’au Québec. » Elle souligne que « le personnel de la santé effectue un travail exceptionnel lorsqu’on arrive à être soigné ». Pour réussir à régler une bonne partie du problème, Québec Solidaire propose de rétablir les CLSC avec une infirmière praticienne pour accueillir des personnes sans médecin de famille. Tout cela dans le but d’alléger l’urgence. Elle dit que « 73 % des cas d’urgence sont des soins de santé de première ligne, donc en mesure d’être pris en charge par les CLSC ». QS souhaite aussi un système de santé gratuit pour tout le monde, et éliminerait le système de santé à deux vitesses. Elle précise : « On ne peut pas faire de l’argent sur le dos de la maladie des gens. »

Parmi les autres enjeux qu’elle considère comme importants, France Marion mentionne notamment la crise du logement. Selon elle, ce secteur est rendu trop privatisé, et donc peu accessible à la population. « Le logement devrait être un droit », clame-t-elle. Le parti Québec solidaire a pour objectif « de construire des logements sociaux pour compétitionner avec les prix du marché et les faire baisser ». Tout cela permettrait « d’aider les familles ou les personnes avec des revenus plus bas. » Elle considère « qu’on ne devrait jamais payer plus de 30 % de notre salaire dans le logement ».

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