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Cahiers spéciaux

Quelle est la place de la technologie à la chasse ?

Par : Journaliste

C’est lundi matin, vous prenez une gorgée de votre café en attendant devant le grille-pain et soudain une notification de votre téléphone intelligent attire votre attention. Sur l’écran, un majestueux orignal apparaît. Vous n’hésitez pas et envoyez immédiatement à vos partenaires de chasse les images captées par la caméra que vous avez installée quelques semaines plus tôt.

Chasse
(Photo : Depositphotos)

Ce scénario est la réalité d’un nombre grandissant de chasseurs et chasseuses avec l’avènement de la technologie dans le bois qu’on connaît depuis quelques années. L’équipe de Pronature Rouyn-Noranda donne l’heure juste sur la technologie en mode chasse.

Sur la trace du gibier

L’utilisation du GPS a fait son entrée dans nos habitudes de vie et on l’utilise fréquemment pour se déplacer. En forêt, les adeptes de la chasse ont depuis longtemps laissé tomber carte et boussole pour s’orienter à l’aide de données GPS par satellite. À cela s’ajoutent maintenant les cartes topographiques.

« Avec le GPS, maintenant on a des cartes qui indiquent l’habitat des orignaux, les lieux les plus propices de les trouver. C’est déjà une bonne avancée qu’il y a eu voilà cinq ou six ans. Ces cartes te donnent le type de végétation qu’il y a sur un territoire et ça donne une idée d’où se trouve le gibier », indique un expert chez Pronature.

Ces données sont très utiles pour trouver le gibier, puisque « l’orignal pendant le temps du rut se nourrit beaucoup de feuilles, jusqu’à 50 kilos de feuilles par jour ». Ce sont donc des endroits riches en feuillus qui sont recherchés. Le rut se fait également beaucoup en montagne.

Les drones, oui ou non ?

Il pourrait être tentant d’utiliser un drone pour aller débusquer le gibier, mais il s’agit d’une pratique interdite. « Tu n’as pas le droit de traquer un animal avec un équipement comme ça. Mais si jamais tu vois l’animal, tu peux filmer ton partenaire, aller chasser l’orignal. Il faut que tu aperçoives l’orignal avant. C’est interdit d’utiliser un appareil comme ça pour essayer de voir il est où ton orignal », explique-t-on.

C’est donc possible de capter le moment où notre partenaire de chasse abat son gibier, à condition d’être témoin de la scène et non à distance.

Le satellite au service des chasseurs

Les caméras de chasse ont également grandement évolué. On est passé de carte SD à une connexion réseau qui permet de recevoir directement les images du gibier qui visite la saline installée par le chasseur, à condition d’avoir accès au réseau cellulaire. La nouveauté de cette année : les caméras satellite.

« Ça prend du réseau cellulaire pour avoir des caméras dans le bois. Mais maintenant, à partir de cette année, on va avoir les caméras satellites. On va pouvoir l’installer sur l’île Moukmouk, puis même s’il n’y a pas de réseau cellulaire, tu vas avoir tes photos qui vont arriver pareil. »

Même chose pour les appareils de communication à distance qui sont de plus en plus puissants et perfectionnés. Ils permettent en plus d’ajouter de la sécurité pendant un séjour dans la forêt.

« Sur certains appareils, tu as même accès à un médecin en direct si jamais tu es blessé. Après ça, tu as un piton SOS dessus et le point GPS va t’indiquer exactement tu es où pour qu’on aille te secourir, précise l’expert du magasin de chasse et pêche. Tu sais, avant, on rentrait dans le bois le vendredi, il y avait la chasse, puis on sortait le dimanche, deux semaines après, puis il n’y a personne qui savait si tu étais vivant ou pas. »

Explosion des coûts

L’équipement à la fine pointe de la technologie que l’on retrouve dans les magasins spécialisés coûte de plus en plus cher. Les véhicules tout-terrain sont également équipés spécialement pour les activités de chasse procurant un accès jamais vu au territoire de chasse.

« La chasse, c’est rendu un sport avec des équipements tellement perfectionnés. Dans les armes à feu, c’est la même chose, puis les arbalètes, c’est plus une corde avec une branche, ce sont des affaires qui roulent 450 pieds par seconde. »

En plus d’augmenter considérablement les coûts requis pour pratiquer la chasse, l’avancement technologique amène les chasseurs à prendre plus de risque. On voit de plus en plus de gibier manqué et blessé selon l’équipe de Pronature. Elle rappelle d’ailleurs l’importance de respecter le gibier et de s’assurer en tout temps d’avoir un tir sûr et précis.

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