Le 25 septembre, j’achète un livre franco-ontarien
Par : Dominique Roy | Journaliste de l'Initiative de journalisme local
L’idée de cette journée est celle de l’autrice jeunesse de Toronto, Mireille Messier, avec l’appui du feu poète sudburois Michel Dallaire. L’initiative a été mise sur pied en 2015, inspirée par le mouvement québécois « Le 12 août, j’achète un livre québécois ».
En 2015, l’année coïncidait avec le 400e anniversaire de la présence française en Ontario. L’objectif était donc de créer un geste concret de mobilisation pour faire découvrir, soutenir et célébrer la littérature et les auteurs de la communauté francophone de la province. Et la journée du 25 septembre allait de soi, cette dernière correspondant à la Journée des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes, date d’anniversaire du tout premier dévoilement du drapeau franco-ontarien à Sudbury, en 1975. Bref, tous les astres semblaient alignés pour que cette journée spéciale prenne racine et s’inscrive durablement dans les traditions des francophones de l’Ontario.
Et pour guider les lectrices et les lecteurs, le « calendrier de l’avant » propose une suggestion de livre franco-ontarien par jour, du 1er au 24 septembre. Il suffit de rechercher « J’achète un livre franco-ontarien » sur les réseaux sociaux ou tout simplement sur le Web pour avoir accès à ce décompte littéraire. Et les recommandations sont des plus diversifiés en matière de genres et de publics cibles. Il suffit d’un coup d’œil pour découvrir la richesse, la diversité, le dynamisme et la vitalité de la littérature franco-ontarienne. Voici donc quelques œuvres en vedette dans ce calendrier automnal.
Maman bleue de Sarah Migneron
Publié aux éditions Prise de Parole, ce récit a remporté le Prix littéraire Trillium en 2026. « À travers les yeux d’une mère et de sa petite fille, Maman bleue explore la détresse qui habite la mère malgré l’amour inconditionnel qu’elle porte à ses enfants. Ce récit poétique met en lumière ses moments de désespoir, de colère et de culpabilité, ainsi que ses efforts pour demander de l’aide, pour renouer avec elle-même et sa famille. » On le décrit comme étant empreint d’émotion et de lucidité, capable de nous transporter dans cette complexité qu’est la maternité.
Et si je savais tout de Lamara Papitashvili
« Dans une Syrie des années 1990 marquée par l’autoritarisme et un patriarcat omniprésent, Tamara grandit au sein d’un univers féminin fragmenté par l’exil, le silence et la désillusion. Autour d’elle gravitent sa mère Colette, sa tante Hélène et sa grand-mère Valentina, dont les trajectoires, entre Géorgie, Ukraine et Syrie, portent les traces d’un héritage complexe. Ce roman autofictif nous plonge au cœur de destins féminins à la fois extraordinaires et profondément ordinaires, à l’ombre des silences familiaux et des mystères de l’enfance. » Publié aux éditions David, le roman a retenu l’attention des critiques. « Tamara observe le monde des adultes avec une attention bouleversante », a affirmé Geneviève Brisac, autrice d’Un week-end à la mère, couronné en 1996 par le prix Femina. « Un roman habité par les voix des femmes, les non-dits et la mémoire des exils », a commenté Gabrielle Sabourin, animatrice à Ici Première.
Un lourd prix à payer de Claire Ménard-Roussy
« Après la Seconde Guerre mondiale, Frans et Hannah Dykstra arrivent au Canada, comme plusieurs autres familles néerlandaises, dans l’espoir d’y trouver un avenir plus prometteur. Ils s’installent sur une ferme de l’Est ontarien avec leurs enfants, Margriet et Pieter, d’âge scolaire, et leur bébé Adriaan. Ils commencent alors à apprivoiser leur nouvelle vie et à réaliser leur rêve dans ce pays van melk en honing (de lait et de miel). Mais tout n’est pas gagné… Un drame inattendu survient et met subitement fin à leur stabilité et à leur bonheur. Le village entier sera ébranlé et des vies seront changées par les événements qui vont s’y dérouler. Une enquête policière se met en branle. Qu’est-il arrivé en septembre 1959 ? » À saveur historique, ce roman est décrit comme étant captivant, se transformant en véritable thriller.
Le Kaiju de Mississauga de Michèle Laframboise
« En novembre 1979, un train de marchandises déraille à Mississauga, le méthane dans les wagons-citernes créant une explosion si puissante que la boule de feu est aperçue aussi loin qu’à Niagara Falls. Victor Tremblay, un jeune amateur de monstres japonais, sent sa maison trembler et il s’éveille, découvrant le ciel orangé. Curieux, il s’approche assez pour entrevoir ce qu’il croit être un Kaiju de feu qui piétine la voie ferrée… Rapidement, la mairesse déclare la ville fermée ! Avec ses parents et ses amis Lucie et Henry, Victor doit être évacué, en laissant son chat et ses précieux souvenirs derrière lui… Quand pourra-t-il rentrer à la maison ? » Ce roman jeunesse, publié aux Éditions David, raconte une évacuation qui n’est pas sans rappeler la catastrophe de Lac-Mégantic survenue en juillet 2013.
Le 25 septembre, pourquoi ne pas ouvrir un livre franco-ontarien et partir à la rencontre d’une nouvelle voix ? Une simple lecture peut parfois devenir un grand coup de cœur.