Redécouvrir Val-d’Or à travers la poésie et la photographie
Par : Joanie Dion
Une nouvelle exposition extérieure propose aux gens de Val-d’Or de poser un regard différent sur des lieux qui font partie du paysage de la ville. Présentée gratuitement sur le sentier J-P Rollard-Fortin au cours de la prochaine année, Perspective d’ici — poésie sur empreintes photographiques marie photographie et poésie pour faire découvrir autrement quatre sites liés à l’histoire de Val-d’Or.
L’ancienne gare, l’église orthodoxe russe Saint-Nicolas, la Résidence des invités du Village-minier-de-Bourlamaque et l’église Saint-Sauveur-les-Mines sont au cœur de cette exposition composée de 20 panneaux.
Pour Nathalie Faucher, une artiste ayant participé au projet, l’objectif était notamment de sortir d’une approche strictement historique du patrimoine. « Le but, c’était de faire redécouvrir le patrimoine autrement, de prendre le temps de l’observer et de poser un regard différent sur ce qu’on voit normalement », explique-t-elle.
Le projet est issu d’une collaboration entre Culture VD, le Service culturel de la Ville de Val-d’Or, et le Centre d’exposition VOART. Il s’inscrit dans la continuité de l’exposition Regards obliques — poésie et patrimoine, présentée au printemps dernier au Centre d’exposition VOART.
Une création à plusieurs mains
La démarche a réuni quatre artistes : les photographes René Lacasse et Serge Gosselin ainsi que les autrices Caroline Blouin (Méoune) et Nathalie Faucher. L’artiste Steve Leroux a assuré l’accompagnement de la résidence de création, alors que la graphiste Marie-Claude Robert a participé à la mise en forme de l’exposition.
Avant de créer, les quatre artistes ont pris le temps de visiter les lieux sélectionnés. Une résidence de deux jours leur a permis de les observer et de s’imprégner de leur atmosphère. « On est allés dans tous les lieux pour observer, pour ressentir toute l’ambiance du lieu », raconte Mme Faucher.
Les photographes ont ensuite sélectionné des images à partir desquelles les deux autrices ont créé des textes. La poésie ne cherche toutefois pas à donner une explication factuelle des photographies. « Ce sont des extraits poétiques », résume l’artiste.
L’exposition devient ainsi une rencontre entre deux façons de raconter un même patrimoine : l’image et les mots.

L’exposition cherche à amener la population un peu plus loin, à la découverte de détails, d’espaces et d’ambiances qui peuvent facilement passer inaperçus. (Photo : Gracieuseté – Ville de Val-d’Or)
Aller au-delà de la façade
Si certains des lieux présentés sont bien connus des Valdoriens, les photographies permettent de les découvrir sous des angles moins accessibles. C’est notamment le cas de l’église orthodoxe russe Saint-Nicolas, dont l’intérieur est rarement accessible au grand public. Même chose pour certains espaces de l’ancienne gare et de la Résidence des invités du Village-minier-de-Bourlamaque.
« Dans l’église [orthodoxe russe] Saint-Sauveur, on a pu se promener. Donc il y a des photos de l’orgue, par exemple, ou des choses comme ça. Donc ce n’est pas juste des photos de ce que les gens peuvent toujours voir », précise Mme Faucher.
L’exposition cherche donc à amener la population un peu plus loin, à la découverte de détails, d’espaces et d’ambiances qui peuvent facilement passer inaperçus.
Un patrimoine à regarder autrement
Chacun des quatre lieux raconte une partie de l’histoire de Val-d’Or. Construite en 1939, l’ancienne gare témoigne notamment du développement économique et social de la ville. L’église orthodoxe russe Saint-Nicolas rappelle quant à elle la présence d’une communauté russe établie dans la région dès les années 1920.
La Résidence des invités, construite en 1936-1937 au Village-minier-de-Bourlamaque, est liée à l’organisation sociale de l’époque de la Lamaque Gold Mines. De son côté, l’église Saint-Sauveur-les-Mines rappelle les débuts de la communauté valdorienne, sa paroisse ayant été fondée en 1934.
Pour la Ville, l’exposition constitue ainsi une façon de rendre le patrimoine accessible dans un contexte différent de celui d’un musée ou d’un centre d’exposition.
Perspective d’ici — poésie sur empreintes photographiques invite surtout les visiteurs à ralentir et à observer. En parcourant le sentier, ils peuvent s’arrêter pour regarder les images, lire les textes et faire leurs propres liens avec les lieux représentés.
Accessible gratuitement pendant la prochaine année, l’exposition offre une nouvelle façon de parcourir Val-d’Or : non pas seulement en traversant ses rues et ses bâtiments, mais en prenant le temps d’en découvrir les traces, les histoires et les détails à travers un regard artistique.