Une nouvelle étape pour le lac Osisko
Après plusieurs années de mobilisation, le Projet lac Osisko franchit une nouvelle étape. Six organisations ont officiellement uni leurs engagements en signant une charte de partenariat visant à améliorer la santé du lac et à poursuivre sa mise en valeur au cours des prochaines années.
Le Collectif Territoire, la Ville de Rouyn-Noranda, l’Organisme de bassin versant du Témiscamingue (OBVT), l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), le Centre de technologie des résidus industriels (CTRI) et le Centre local de développement Rouyn-Noranda deviennent ainsi les six signataires de cette charte, qui établit une vision commune à l’horizon 2030.
Pour Anick Lavoie, présidente du Collectif Territoire, la signature officialise surtout un engagement public envers les partenaires et la population. « On s’engage publiquement auprès de nos partenaires, mais aussi auprès des citoyens », explique-t-elle.
La charte s’articule autour de quatre grandes priorités : la préservation et la guérison des écosystèmes, l’aménagement, l’art et le design, la gouvernance participative et l’engagement communautaire ainsi que la recherche et l’innovation. Concrètement, les partenaires souhaitent notamment réduire les contaminants qui atteignent le lac, améliorer la gestion des eaux pluviales et favoriser la biodiversité. Des projets d’aménagement, d’éducation et de sensibilisation doivent également contribuer à rapprocher la population d’un plan d’eau.
Toutefois, « quand on parle de réduire les apports en contaminants, puis de travailler sur les eaux pluviales, ce ne sont pas nécessairement des choses qui sont visibles à l’œil nu », souligne-t-elle. Les effets pourraient plutôt se mesurer dans la qualité de l’eau et la présence accrue de biodiversité.
D’autres interventions seront davantage perceptibles pour les citoyens, notamment dans les aménagements autour du lac et dans les activités artistiques et communautaires.
Un projet qui dépasse la seule réhabilitation
La vision pour 2030 va d’ailleurs au-delà de la restauration du plan d’eau. Le Collectif Territoire souhaite faire du lac Osisko un « laboratoire régénératif », où des solutions pourraient être expérimentées dans un contexte réel avant d’être adaptées à d’autres milieux touchés. « La recherche va pouvoir venir ici, faire des expériences constructives et positives, et les amener ailleurs, dans d’autres sites impactés », explique Anick Lavoie.
Cette volonté de réunir plusieurs expertises explique également la présence de partenaires provenant de domaines différents.

Les partenaires procèdent à la signature de la Charte. (Photo : Le Citoyen — Joanie Dion)
Pour Louis Dallaire, conseiller municipal du district de l’Université et président du comité du Projet lac Osisko, la Ville ne pourrait pas porter seule une démarche de cette ampleur. « On ne peut pas, comme Ville, faire des choses tout seuls. On n’a pas les ressources, on n’a pas toujours la capacité, et on n’a pas toujours l’invention que le Collectif Territoire peut faire. »
La Ville entend notamment jouer un rôle de liaison avec les différents paliers gouvernementaux, en plus de contribuer à la recherche de financement et à la réalisation de projets sur son territoire.
Une échéance repoussée
La démarche autour du lac Osisko est en cours depuis 2018. À l’origine, le projet visait une réhabilitation du lac pour 2026, année du centenaire de Rouyn-Noranda. Cette échéance a depuis été revue, les partenaires reconnaissant la complexité du défi. L’objectif est maintenant de créer, d’ici 2030, les conditions favorables à la santé durable du lac et de son bassin versant.
La charte prévoit un suivi annuel des engagements, dont les résultats devront être rendus publics. Elle sera également actualisée tous les cinq ans afin de tenir compte de l’évolution des connaissances et du contexte. Pour les partenaires, cette approche doit permettre d’ajuster les actions au fil des résultats obtenus plutôt que de considérer la réhabilitation comme une intervention ponctuelle.
Le projet bénéficie par ailleurs de l’appui de nombreuses autres collaborations. Plus de 60 partenaires ont participé à la démarche depuis ses débuts, et plusieurs projets de recherche, d’aménagement, d’art public, d’éducation et d’action environnementale ont déjà été réalisés.

La cérémonie comprenait les discours de chacun des représentants des partenaires. (Photo : Le Citoyen — Joanie Dion)
Du local à l’international
La démarche de Rouyn-Noranda pourra également jouir d’une visibilité internationale. Le Projet lac Osisko a été sélectionné comme bonne pratique en biodiversité par le Centre mondial d’excellence des destinations et doit être présenté dans le cadre de la COP17 sur la diversité biologique, qui se tiendra à Erevan, en Arménie, en octobre. Anick Lavoie et la directrice générale du Collectif Territoire doivent, Geneviève Aubry, doivent notamment participer à cette présentation avec certains partenaires.
Le Projet lac Osisko a également reçu plusieurs distinctions au cours des dernières années, dont le Prix Demain le Québec de la Fondation David Suzuki en 2021 ainsi que des prix en partenariat et en impact social en 2025.
Malgré cette reconnaissance, le véritable défi demeure toutefois sur le terrain : améliorer durablement l’état du lac. Avec la nouvelle charte, les partenaires veulent donc transformer une mobilisation amorcée il y a huit ans en une démarche structurée, suivie et évolutive. Reste maintenant à voir comment ces engagements se traduiront concrètement autour du lac Osisko au cours des prochaines années.