« La santé des gens doit passer avant tout », martèle Isabelle Fortin-Rondeau
À l’occasion d’une 5e grande manifestation tenue le dimanche 20 septembre dernier, plusieurs personnes sont descendues dans la rue afin de demander le respect des normes pour tous les contaminants, y compris l’arsenic.
Même si la participation est en diminution par rapport aux premières mobilisations, les citoyens préoccupés par la qualité de l’air continuent de faire entendre leur voix.
Pour Isabelle Fortin-Rondeau, chargée de projet de la campagne Rouyn-Noranda de Mères au front, le message envoyé aux gouvernements demeure sans équivoque. « Il y a encore beaucoup de gens qui considèrent que la situation n’est pas réglée et qu’il est important de continuer à mettre de la pression sur les décideurs », affirme-t-elle. Selon elle, les contaminants rejetés dans l’air ont des impacts réels sur la santé de la population et le respect des normes demeure une exigence fondamentale.
Coordonné par un comité de citoyens et Mères au front de Rouyn-Noranda, le rassemblement survient alors que la question de la qualité de l’air s’invite de nouveau dans le débat politique. Plusieurs partis politiques se sont d’ailleurs prononcés sur l’entente de sept ans conclue entre le gouvernement du Québec et la Fonderie Horne durant la campagne électorale.
Au cours de la manifestation, les organisateurs ont repris le slogan selon lequel Rouyn-Noranda ne doit plus être considérée comme une « zone sacrifiée », mais plutôt comme une « zone à défendre ». Cette vision s’inscrit également dans la réflexion entourant les célébrations du 100e anniversaire de la municipalité.

(Crédit Photo : photo gracieuseté Williams Nourry)
Selon Isabelle Fortin-Rondeau, l’occasion est toute désignée pour cogiter au modèle de développement souhaité pour les prochaines générations. « On est beaucoup dans les bilans des 100 ans de la ville, mais qu’est-ce qu’on veut pour les 100 années à venir ? », lance-t-elle, plaidant pour une plus grande autonomie économique de la région face à sa dépendance envers l’industrie minière.
Des enjeux
La chargée de projet reconnaît l’importance des enjeux économiques liés à l’industrie, elle estime que la santé publique doit être prioritaire. « Pour nous, il ne peut pas y avoir d’opposition entre la santé et les emplois. Quand il y a des contaminants dangereux dans l’air, il faut tracer une ligne claire », soutient Isabelle Fortin-Rondeau.
Elle souhaite que le prochain gouvernement s’appuie davantage sur les données scientifiques dans ses décisions.
Il est important de mentionner la présence remarquée de nombreuses familles et de jeunes enfants tout au long du parcours. Selon Mme Fortin-Rondeau, les plus jeunes sont particulièrement vulnérables aux effets de la pollution. « C’est la santé de ces tout-petits-là qu’on veut protéger en premier », explique-t-elle.
La mobilisation des familles vise également à rappeler que les enjeux environnementaux dépassent la génération actuelle. « Tous les défis de société concernent aussi les générations futures. Quand on vit dans un milieu contaminé, s’impliquer devient une façon de contribuer à améliorer notre communauté », ajoute-t-elle.
La pression se poursuivra
Même si aucune nouvelle manifestation n’est annoncée à court terme, Mères au front entend poursuivre ses actions sur plusieurs fronts. L’organisation travaille notamment avec des chercheurs, collecte des données environnementales et prévoit dévoiler prochainement les résultats d’analyses de sols et de neige réalisées au cours des dernières années.
Le groupe compte également de continuer ses démarches auprès des élus et maintenir la pression politique afin d’obtenir une réduction des émissions d’arsenic.
« Le dossier n’est pas réglé. On ne veut pas qu’il tombe dans l’oubli », affirme Mme Fortin-Rondeau. Elle rappelle que la norme québécoise actuelle est fixée à trois nanogrammes par mètre cube, alors que les émissions atteignent encore environ 45 nanogrammes selon les données évoquées par l’organisme. « Pour nous, la santé n’est pas négociable », conclut-elle.

La marche s’est terminée sur l’avenue Portelance. (Crédit Photo : photo gracieuseté Williams Nourry)