Appel de projets en santé publique : Près de 340 000 $ disponibles pour soutenir les initiatives locales
Un jardin communautaire dans un secteur où les aliments frais sont difficiles d’accès. Un groupe de soutien pour des parents endeuillés par suicide. Une formation pour aider le personnel scolaire à mieux accompagner les jeunes. Derrière les montants présentés le 8 septembre, Santé Québec Abitibi-Témiscamingue lançait surtout un appel aux personnes qui connaissent les besoins de leur communauté : apportez-nous vos idées, nous vous aiderons à les construire.
Une quarantaine de personnes ont participé à la rencontre virtuelle organisée par la Direction de santé publique. Organismes communautaires, établissements scolaires, municipalités, communautés autochtones et autres partenaires régionaux ont découvert quatre possibilités de financement pour l’année 2026-2027. Les appels de projets concernaient la prévention du suicide, la santé mentale positive chez les jeunes, la prévention de l’usage du cannabis ainsi que la sécurité alimentaire. Ensemble, les enveloppes présentées représentaient près de 340 000 $. Les partenaires ont jusqu’au 2 octobre pour déposer une première demande.
Au-delà des critères et des formulaires, les responsables ont insisté sur leur volonté d’accompagner les milieux à chaque étape. Les équipes locales de santé publique pourront aider les promoteurs à élaborer leur demande, à planifier leur projet et à préciser une idée encore incomplète. « On n’est pas là pour éliminer des projets puis dire : “On finance le meilleur” », a expliqué Geneviève Tremblay. La Direction de santé publique souhaite plutôt encourager les personnes qui veulent agir et les aider à bonifier leur proposition lorsqu’elle y voit des possibilités.
Cet accompagnement pourra être assuré par des agents de relations humaines, des professionnels en santé mentale, des organisateurs communautaires et d’autres membres des équipes locales. Une adresse courriel commune sera également consultée quotidiennement afin de répondre aux questions des promoteurs pendant la préparation de leur dossier.
Cette volonté de faire émerger des solutions directement dans les communautés prendra plusieurs formes. Le montant le plus important, soit 130 244 $, sera consacré à la Stratégie nationale de prévention du suicide. Anna Tasset-Lapierre a expliqué que les projets devront contribuer à réduire la détresse psychologique, les idées suicidaires, les tentatives de suicide et les décès. Le financement pourrait notamment permettre de créer des groupes de soutien pour les personnes endeuillées, de former des sentinelles capables de reconnaître les signes de détresse ou de mieux préparer les milieux à réagir après un suicide. Des activités destinées aux aînés vivant en milieu rural, des outils pour les proches et des campagnes de sensibilisation pourraient également être admissibles.
Le même principe d’intervention préventive se retrouvera dans le projet Épanouir, présenté par Geneviève Tremblay. Une somme de 47 000 $, répartie à raison de 9 400 $ par MRC, servira à mieux outiller les adultes qui accompagnent les jeunes au quotidien. Les écoles et les centres de formation pourront notamment proposer des formations sur le stress, les émotions, les saines habitudes de vie, l’intervention interculturelle, la diversité sexuelle et de genre ou la prévention de la violence. L’objectif ne sera pas de traiter directement les jeunes, mais de donner au personnel scolaire les connaissances nécessaires pour favoriser une santé mentale positive chez les personnes de 5 à 25 ans.
La prévention se poursuivra dans le domaine des dépendances. Martin Adam a présenté le Fonds de prévention et de recherche en matière de cannabis, doté d’une enveloppe d’un peu moins de 37 000 $. Les projets pourront chercher à prévenir la consommation, à réduire les méfaits qui y sont associés ou à améliorer les connaissances des intervenants. Une activité destinée à aider les adolescents à résister au marketing, une conférence pour les parents sur le vapotage, une formation offerte à des entraîneurs sportifs ou du matériel de réduction des méfaits distribué pendant un festival figurent parmi les possibilités évoquées.
Pour d’autres résidents, le besoin le plus pressant se trouve dans la capacité de se procurer suffisamment d’aliments sains. L’appel consacré à la sécurité alimentaire disposera de 125 100 $, répartis entre les MRC de la région. Présenté par Julie Dugré et placé sous la responsabilité de Sabrina Turgeon, ce volet cherchera des solutions durables plutôt que des interventions ponctuelles. Un jardin collectif, une serre, des équipements de transformation, des coupons échangeables contre des produits locaux ou un groupe d’achat de denrées pourraient recevoir du soutien.
Cette enveloppe sera accessible à un large éventail de partenaires, dont les organismes sans but lucratif, les municipalités, les coopératives, les communautés autochtones, les établissements scolaires, les centres de la petite enfance et les entreprises d’économie sociale. Les promoteurs pourront également jumeler ce financement à celui d’autres organisations. Les collaborations seront prises en considération lors de l’analyse des demandes.
Les projets en prévention du suicide, en santé mentale positive et en prévention du cannabis, seront analysés par des membres de la Direction de santé publique, puis soumis aux gestionnaires pour approbation. Les demandes touchant la sécurité alimentaire seront plutôt évaluées par un comité intersectoriel composé de personnes qui travaillent dans ce domaine. La majorité des initiatives devront être réalisées avant le 30 juin 2027. Certains projets en sécurité alimentaire pourront toutefois se poursuivre durant l’été, notamment lorsqu’ils seront liés à l’agriculture. Leur échéancier sera alors établi en fonction de leur nature.
Une deuxième date de dépôt, le 18 décembre, a été prévue pour les volets liés au suicide, à la santé mentale positive et au cannabis, à condition que des sommes soient toujours disponibles. Santé Québec Abitibi-Témiscamingue s’est engagé à répondre aux promoteurs dans le mois suivant chaque échéance.
Pour les partenaires réunis devant leur écran le 8 septembre, il restait donc à partir de ce qu’ils voyaient déjà sur le terrain : un jeune qui avait besoin d’être mieux accompagné, une famille laissée seule après un suicide ou des résidents qui peinaient à trouver des aliments frais. La Direction de santé publique leur demandait maintenant de transformer ces réalités en projets, tout en leur assurant qu’ils n’auraient pas à le faire seuls.