Politique Provincial

Élections provinciales : Les candidates pour Québec solidaire lancent leur campagne en Abitibi-Témiscamingue

De gauche à droite : France Marion, candidate dans Rouyn-Noranda — Témiscamingue, Joanie Bolduc, candidate dans Abitibi-Ouest, et Sara Germain, candidate dans Abitibi-Est.
Le Citoyen — Joanie Dion – Joanie Dion | jdion@journallecitoyen.com

Les trois candidates de Québec solidaire en Abitibi-Témiscamingue ont présenté, lors d’une conférence de presse le 20 août 2026, leurs priorités sur des enjeux régionaux touchant particulièrement les femmes, en vue de la prochaine campagne électorale. De l’accès aux services de garde au logement, en passant par la lutte contre la violence conjugale et la décentralisation du système de santé, elles promettent de s’attaquer aux enjeux qui touchent particulièrement les femmes en région.

Pour France Marion, candidate dans Rouyn-Noranda — Témiscamingue, Joanie Bolduc, candidate dans Abitibi-Ouest, et Sara Germain, candidate dans Abitibi-Est, les enjeux féminins ne peuvent être dissociés des conditions de vie qui prévalent en Abitibi-Témiscamingue. Santé, logement, services de garde et accès aux services de proximité sont au cœur de leur réflexion.

Des centres de la petite enfance (CPE) à améliorer

Joanie Bolduc souhaite notamment s’attaquer à la pénurie de place en CPE, mais aussi aux conditions de travail de celles qui y œuvrent.

Selon elle, le manque de places en CPE entraîne des conséquences importantes sur les revenus et la carrière des femmes. Elle cite notamment une perte de revenus moyenne de 20 000 $ brut par famille en 2025 et souligne que l’écart salarial se creuse au fil des années entre les mères ayant eu accès à une place en CPE et celles qui n’en ont pas bénéficié.

Québec solidaire souhaite ainsi mener une campagne de valorisation de la profession d’éducatrice à la petite enfance, rémunérer les stages et améliorer les salaires, tant pour les éducatrices que pour le personnel de soutien.

Mme Bolduc estime que les conditions de travail actuelles contribuent à la difficulté de retenir la main-d’œuvre en région. Elle rapporte notamment avoir constaté que certaines travailleuses en CPE doivent avoir recours aux banques alimentaires pour subvenir à leurs besoins.

La candidate veut également accélérer la construction de nouveaux CPE. Elle souligne que la promesse d’ajout de places en CPE en région annoncée pour 2025 n’aurait pas encore été concrétisée. En outre, elle rappelle que la construction ne règle pas à elle seule le problème : encore faut-il avoir suffisamment de personnel pour occuper les postes.

Québec solidaire entend également maintenir des mécanismes visant à assurer la qualité et la sécurité des milieux de garde, notamment « par la formation et des audits de qualité ».

Le logement comme « base de tout »

Pour Sara Germain, la question du logement constitue un enjeu transversal qui touche directement la sécurité et l’autonomie des femmes.

« Si tu n’as pas accès à un toit qui est sécuritaire et qui est garanti, ta capacité à t’en sortir, ta capacité à devenir un membre actif dans la société, devient énormément compromise », affirme-t-elle.

La candidate lie également la crise du logement à l’itinérance, à l’attractivité de la région et à la capacité d’attirer de la main-d’œuvre.

Parmi les mesures avancées par Québec solidaire figure un gel de la hausse des loyers au taux d’inflation durant les 100 premiers jours d’un éventuel gouvernement, le temps de mettre en place des mesures plus durables.

Le parti souhaite également modifier le fonctionnement entourant les hausses de loyer liées aux rénovations. Les propriétaires devraient notamment démontrer que les travaux réalisés justifient une hausse supérieure aux recommandations du Tribunal administratif du logement, plutôt que de laisser aux locataires le fardeau de contester ces augmentations.

La formation politique souhaite aussi accroître l’offre de logements coopératifs et solidaires et sortir davantage de logements du marché privé.

Autre mesure évoquée : la création d’un registre des logements. Selon Mme Germain, celui-ci permettrait notamment de connaître l’historique des loyers et de mieux documenter l’occupation des unités, afin de lutter contre certaines hausses abusives et l’inoccupation artificielle.

Davantage de ressources pour lutter contre la violence conjugale

La lutte contre la violence conjugale figure également parmi les priorités présentées.

Sara Germain estime que les maisons d’hébergement jouent un rôle essentiel, mais qu’elles ne peuvent constituer à elles seules une réponse à long terme.

« Faire plus de maisons, ce n’est pas la solution à long terme, mais dans l’immédiat, il faudrait plus de ressources », soutient-elle.

Elle affirme que Québec solidaire souhaite investir davantage dans les services liés à la violence conjugale et mieux intégrer les organismes communautaires aux services publics.

De plus, la candidate insiste sur l’importance de la prévention, afin d’agir avant que les femmes victimes de violence n’aient à se tourner vers les maisons d’hébergement.

Des soins de santé plus près des femmes

La situation des services de santé en région a aussi occupé une place importante dans les échanges avec France Marion.

La candidate a notamment évoqué la rupture de service en obstétrique à Ville-Marie, qui a obligé une vingtaine de femmes à parcours de longues distances pour accoucher.

Selon elle, ces déplacements représentent un stress notable et peuvent comporter des risques, particulièrement en raison des distances et des conditions routières dans le Témiscamingue.

Mme Marion déplore également les difficultés vécues par les patients du corridor de services entre le Témiscamingue et North Bay. Même si celui-ci a été rouvert, certains patients ne seraient pas repris par des médecins de North Bay et devraient donc se tourner vers des services à Ville-Marie ou à Rouyn-Noranda.

« Le problème, c’est qu’on a perdu nos services de proximité locale », résume-t-elle.

La candidate souhaite donc une plus grande décentralisation du réseau de la santé et un retour du pouvoir décisionnel vers les instances locales.

Elle refuse toutefois de s’avancer sur une éventuelle abolition de Santé Québec, préférant attendre la position officielle de Québec solidaire sur la question.

En outre, France Marion dit s’inquiéter de la pénurie de main-d’œuvre dans le réseau de la santé, alors que les départs à la retraite dépasseraient le nombre de nouvelles personnes qui intègrent le réseau.

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